Ce magazine trimestriel lancé par l'Université de Nantes, actuellement cofinancé par celle-ci, par la Région des Pays de la Loire et par Nantes Métropole, propose de rendre accessible à un large public, notamment aux lycéens et collégiens, les travaux de la recherche en région, de sensibiliser à la science en train de se faire, de provoquer autour de grands dossiers thématiques la réflexion de tous sur les enjeux de demain.
En partenariat avec les universités des Pays de la Loire, le Rectorat de l'académie de Nantes et d'autres organismes à vocation scientifique ou pédagogique, il livre des articles de fond avec des témoignages de chercheurs ainsi que des actualités et des annonces de portée régionale.
A la différence des génies électrique, chimique
ou nucléaire qui exploitent les propriétés de la
matière via des procédés élaborés par plusieurs
générations d’hommes, le génie génétique met en
oeuvre depuis seulement 30 ans des molécules et
des mécanismes complexes apparus au cours de
milliards d’années d’évolution. Il s’avère possible,
cependant, d’exploiter efficacement ces molécules
et ces mécanismes sans connaître totalement le
détail de leur fonctionnement.
Cette situation n’est pas propre au génie génétique.
À titre d’exemple, la molécule de cyclosporine A,
dont les capacités immunosuppressives ont
été découvertes en 1976, a permis dès 1980 de
réaliser des greffes d’organe en évitant un rejet
certain et rapide des greffons, alors que son mode
d’action au niveau moléculaire n’a été élucidé que
vingt ans plus tard. Malgré l’imperfection de nos
connaissances, il n’est donc pas singulièrement
audacieux de recourir au génie génétique pour
améliorer les pratiques agricoles, fabriquer des
médicaments plus sûrs ou créer de nouveaux
procédés de diagnostic médical.
Ce numéro de Têtes chercheuses montre que le
génie génétique ne se réduit pas aux OGM, que
les OGM ne sont pas seulement végétaux et que
les OGM végétaux ne se limitent pas au maïs !
Des chercheurs l’utilisent pour modifier des
enzymes, pour soigner les maladies génétiques ou
cancéreuses, pour garantir la qualité des aliments
ou pour faire refleurir des rosiers... D’autres
chercheurs nous aident à réfléchir aux impacts du
génie génétique ainsi qu’aux enjeux sociétaux des
découvertes et des applications qu’il a rendues
possibles.
Jean-François Bouhours, directeur de recherche émérite de l’Inserm, IFR 26 (Inserm/Université de Nantes), et Olivier Néron de Surgy, rédacteur en chef
Succès, problèmes et enjeux du génie génétique
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