Un écosystème est un ensemble constitué d'espèces vivantes, de composantes de leur environnement commun et des relations de dépendances entre tous ces éléments.
Grâce à l’analyse de leurs échos, les ondes acoustiques (relatives aux sons) permettent de connaître les frontières et les propriétés de certains milieux, de détecter la présence de pétrole sous la mer et de repérer des sous-marins ou des bancs de poissons.
La profondeur moyenne des océans est de 3 800 mètres. Or la majeure partie de la masse vivante de la mer se situe dans les 200 premiers mètres, zone « euphotique » sous laquelle il n’y a pas de lumière. c’est dans cette zone que le plancton végétal peut absorber, par photosynthèse, le carbone du gaz carbonique (CO2) capté par la surface de la mer. Dans la chaîne alimentaire, une tonne de phytoplancton est nécessaire à la production, en bout de chaîne, de 2,5 kilos de poisson carnivore (le préféré de l’espèce humaine). les organismes marins sont plus ou moins assujettis à la quantité de lumière ainsi qu’à la température et la salinité de l’eau qui sont modulées par les courants. c’est pourquoi les fluctuations météorologiques et surtout celles des courants peuvent perturber la chaîne alimentaire et modifier les effectifs d’une espèce, par exemple en éloignant les larves de leur lieu d’alimentation habituel
En un demi-siècle, les captures de poisson ont quadruplé, pour atteindre 84 millions de tonnes en 1989. Depuis, elles stagnent, alors que l’aquaculture continue de progresser. La Food and Agriculture Organization (FAO) estime que 70 % des ressources sauvages sont aujourd’hui exploitées intensivement ou excessivement. Quant aux rejets de pêche, ils ont diminué d’un facteur 3 ces dix dernières années mais avoisinent encore 10 % des prises. On ne peut cependant attribuer cette baisse ni à de meilleures pratiques ni à une meilleure estimation de ces rejets.
Pêche au thon © O. Barbaroux / IfremerL’exploration des océans par les navigateurs a longtemps servi la conquête de nouvelles terres et de leurs richesses. Quand il fallait avant tout contrôler les routes maritimes sans risquer le naufrage, les sciences de la mer relevaient essentiellement de la cartographie et de l’instrumentation de navigation. L’étude des contenus de la mer ne débute vraiment qu’au XVIIIe siècle, grâce aux naturalistes chargés de décrire la faune et la flore du Monde. Le plus célèbre d’entre eux est Charles Darwin dont les missions, entre 1830 et 1836, lui permettent d’élaborer la théorie de l’évolution ; ce sont d’autres Britanniques qui inaugurent à bord du Challenger, 40 ans plus tard, l’ère des expéditions pluridisciplinaires. L’océanographie fait alors des progrès spectaculaires dans la connaissance des fonds marins. Les sondages entrepris par le Prince Albert de Monaco, à la fin du XIXe siècle, et complétés ensuite par des techniques acoustiques, permettent d’établir la cartographie nécessaire à la pose de câbles de communication intercontinentale. Les ondes acoustiques sont aussi utilisées dans la recherche d’hydrocarbures : les premiers puits de pétrole sous-marins sont forés dans le golfe du Mexique en 1947. L’étude des fonds trouve bien d’autres applications géologiques comme la confirmation de la théorie de la dérive des continents proposée par Wegener en 1912 ou l’amélioration des prévisions des tremblements de terre et des raz de marées.
Quant à l’organisation du monde vivant de la mer, elle n’est globalement comprise qu’avec l’établissement du cycle des matières carbonées (voir encadré à droite) et l’étude de la dynamique des courants marins dont quelques Suédois et Norvégiens ont été les grands pionniers il y a un siècle. Ces courants, principalement induits par la rotation de la Terre, restituent à l’atmosphère (par évaporation de l’eau) l’énergie solaire absorbée par les océans ; c’est ainsi que la mer a une grande influence sur les climats. Aujourd’hui encore, les sciences de la mer explorent les fonds et étudient les courants. Elles sont toutefois mobilisées plus que jamais dans l’observation des organismes vivants, notamment dans celle des ressources halieutiques (de la pêche) qui présentent des signes inquiétants de raréfaction, tandis que leur consommation a connu une augmentation spectaculaire.
Les ressources de pêche sont renouvelables mais limitées. Or on a longtemps cru que la mer était un réservoir inépuisable de poissons. Cette illusion a été renforcée par l’apparence d’une énorme fécondité chez des espèces communes en Atlantique Nord, comme la morue ou le hareng dont les femelles pondent des oeufs par millions. De plus, quand survenait une baisse des captures, il suffisait de se déplacer pour pêcher ailleurs. Or les biologistes ont établi que cette fécondité assure seulement la survie de quelques individus adultes pour chaque ponte ; ils ont aussi montré comment la pêche excessive d’une espèce pouvait menacer son existence. Le cas de la morue au large du Canada est édifiant. Pêché dès le XVIe siècle, ce poisson a connu une exploitation intensive qui a culminé dans les années 70 avant de s’effondrer. Malgré l’arrêt total de sa pêche institué au Canada en 1993, les stocks de morue ne sont toujours pas reconstitués. La gestion des pêches prend aujourd’hui en compte le caractère limité des ressources. Celui-ci devrait imposer que les prises soient proportionnelles à la capacité de renouvellement des stocks, et donc limiter davantage le nombre des navires et la taille des filets. Mais il existe une résistance à la mise en oeuvre de telles mesures chez les pêcheurs comme chez les gestionnaires, tant que les ressources paraissent encore abondantes. La raréfaction de certaines espèces et les progrès accomplis dans la domestication des poissons ont favorisé l’essor de l’aquaculture qui a pu alors satisfaire en partie la demande croissante de produits aquatiques. Grâce aux progrès récents de ses techniques, cette activité fournit aujourd’hui 30 % des poissons, mollusques et crustacés consommés dans le monde.
L’aquaculture consomme plus de poisson qu’elle n’en produit !
Il reste que les rendements de l’aquaculture dépendent beaucoup des variations climatiques et des pollutions ; ils sont limités par la difficulté à maîtriser le milieu marin. Il est donc probable que le contrôle des productions aquacoles n’atteigne jamais celui de l’agriculture. En outre, le développement de cette activité ne lève pas les menaces qui pèsent sur les ressources sauvages. Nos poissons favoris comme le saumon, le loup et la daurade sont carnivores, comme les crevettes ; leur élevage utilise des aliments à base de farine et d’huile de poissons sauvages tels l’anchois du Pérou et le lançon de la mer du Nord. Comme il faut deux à trois kilos de poisson sauvage pour produire un kilo de poisson d’élevage, cette aquaculture consomme en fait plus de poisson qu’elle n’en produit et reste tributaire des ressources sauvages. Les techniques d’exploitation marine sont donc appelées à de nouveaux progrès pour satisfaire nos besoins croissants sans épuiser les ressources. Outre ses missions de surveillance sanitaire et d’exploration, l’Institut français pour l’exploitation durable de la mer (Ifremer) travaille à la diminution et au recyclage des rejets de pêche ainsi qu’à l’amélioration des rendements aquacoles. Consommer moins de protéines et de lipides d’origine animale pour produire un kilo de poisson d’élevage nécessite de concevoir de nouveaux aliments, de tester l’élevage de nouvelles espèces et d’améliorer, par sélection, celles qui sont déjà domestiquées. Une meilleure connaissance des écosystèmes marins est également requise. Le développement de modèles mathématiques, entrepris notamment au centre nantais de l’Ifremer, est un atout de taille pour mieux prévoir les effets, sur les stocks naturels, des variations de l’environnement et des activités de l’Homme qui a fait de la mer le plus vaste de ses champs.
Un exposé clair et complet sur la physique et la biologie des océans : Les humeurs de l'océan, B. Voituriez, Editions de l'Unesco, 2003.
Pour avoir une mesure plus large de la pêche et de l'aquaculture mondiales : http://www.fao.org/docume[...]ng=fr
"La gestion durable de la ressource halieutique" plaquette de la Direction des pêches maritimes et de l'aquaculture du ministère de l'agruculture est à télécharger au format pdf (998,2 ko)
L'Académie d'Amiens met à disposition de ceux qui le souhaitent un petit logiciel (PC) pour étudier le réseau trophique de l'huître
Fondation Nicolas Hulot : Les Océans : Ce thème est traité sous trois angles 1-Le littoral sous pression 2-Les dérives de la pêche 3-Océan et atmosphère avec, pour chacun d'eux, un dossier d'information, des fiches pédagogiques et des témoignages présentés par tranches d'âges.
Ressources pédagogiques pour les enseignants sur les récifs coralliens de la Réunion
On ne s'intéresse pas qu'aux poissons à l'Ifremer, loin de là ! Ses équipes surveillent aussi les petits organismes marins afin que nous puissions barboter et manger des fruits de mer en sécurité. Au laboratoire « Environnement Ressources » (LER) de Nantes, Hélène Oger-Jeanneret orchestre les missions de prélèvement d'eau et de coquillages sur le littoral, de concert avec ses collègues de l'Ifremer basés à la Trinité-sur-mer. le LER est en effet chargé, outre la production de rapports réguliers sur la qualité des eaux côtières, d'alerter les préfectures et les professionnels de la mer en cas de danger toxique. Trois réseaux de surveillance, Rephy, Remi et RNO, sont ainsi concernés en fonction des types de contamination étudiés : phycotoxines (toxines de phytoplancton), bactéries et produits chimiques, respectivement. En cette période hivernale, les prélèvements sont relativement peu fréquents car les micro-organismes se développent davantage avec la chaleur et le soleil. Mireille Fortune, technicienne du LER, part à Pornichet et au croisic sous la tempête pour prélever de l'eau de mer et en mesurer la température et la salinité. A son retour, elle fera décanter cette eau dans des petites cuves avant de l'observer au microscope. Son oeil expert évaluera la quantité de phytoplancton dangereux. Au-delà d'un certain seuil, des coquillages mangeurs de plancton seront prélevés pour examen. la contamination bactérienne est révélée par l'augmentation de conductance électrique des tissus des coquillages mis en culture : les bactéries consomment les molécules de lipides, de glucides et de protéines et rejettent des ions, bien plus conducteurs dans le milieu. Quant aux phycotoxines, on les trouve principalement dans la glande digestive des coquillages. Une fois extraites par des solvants tels que l'acétone, on les injecte dans des souris. l'ampleur de la contamination est alors indiquée par la durée de survie des rongeurs. Mireille avoue préférer ce travail de terrain à ses précédentes activités comptables, en dépit de nombreux trajets en voiture. ''J'ai appris ce métier sur le tard ; aujourd'hui, il requiert une formation en biologie marine de deux ans au moins. Avec le durcissement des directives européennes et la dissémination d'espèces toxiques principalement due à l'expulsion des eaux de ballast de cargos toujours plus nombreux, il y a de quoi faire !''. Elle confie enfin son enthousiasme pour un nouveau projet auquel participe le LER : le réseau Rebent (de la racine grecque benth : qui vit au fond) destiné à l'observation des organismes vivant au fond des mers côtières.
Mireille Fortune (Ifremer-Nantes) prélevant de l'eau à Pornichet et observant le phytoplancton. © O.N.d.S.L 'augmentation de la population et du niveau de vie entraîne celle de l'occupation humaine des littoraux et de l'exploitation des ressources marines. La raréfaction de certaines de ces ressources - en particulier celles de la pêche -, appelle des décisions politiques visant à préserver les conditions de production et de consommation des produits marins. Un tel objectif suppose de maximiser la différence entre les recettes et les coûts des produits tout en permettant le renouvellement des ressources sur le long terme ; il incite à moderniser les flottilles de pêche. Les sciences économiques jouent un rôle majeur dans une telle stratégie, par l'analyse des marchés, l'élaboration de modèles, des propositions de réorganisation de filières professionnelles ou d'activités locales. Depuis les années 50, les économistes développent avec les biologistes des modèles qui prennent en compte l'offre et la demande et qui visent à prévoir les effets des mesures de gestion des pêches (restrictions des captures, taxes, licences, taille des filets...) sur les revenus, les prix et les stocks de poisson. Ces modèles dits bioéconomiques sont complétés par des études sur les déterminants de la demande des consommateurs (prix, goût, qualité sanitaire etc.), sur les emplois et les richesses induits par l'exploitation des produits marins, sur le commerce international, sur la répartition des licences, quotas et zones de pêche. Face à la montée des risques économiques tels que la hausse des prix des carburants et les aléas sur le niveau des stocks naturels, les économistes conçoivent des produits financiers permettant aux pêcheurs de couvrir ces risques. Ils étudient en outre les possibilités de reconversion dans d'autres secteurs, ce qui s'avère difficile malgré l'essor des activités de loisir littorales et de l'aquaculture, notamment parce que les pêcheurs sont très attachés à leur métier. Il s'agit aussi de mieux gérer le développement des différentes activités (cultures, pêche côtière, tourisme, plaisance, immobilier, activités portuaires) qui coexistent dans les mêmes espaces littoraux, espaces dont les éléments naturels font de plus en plus l'objet d'évaluations économiques. Ainsi une plage, une espèce d'oiseau marin ou la biodiversité d'un site peuvent être aujourd'hui prises en compte dans l'estimation des réparations financières d'une marée noire.
© OhazarVous avez sans doute entendu parler de la Politique agricole commune (PAC), mais connaissez-vous la Politique commune des pêches (PCP) ? Cette dernière a été mise en place en 1970 par l'Union européenne en réaction à l'exploitation excessive de la ressource de pêche. Il semblait en effet nécessaire de prendre des décisions à l'échelle de l'Europe afin de permettre une gestion globale et cohérente de cette ressource halieutique. Les premières mesures concrètes visant à limiter les prises n'ont été instaurées qu'en 1983, avec des totaux admissibles de captures (TAC) répartis en quotas annuels entre les différents pays impliqués. Sur la base d'expertises scientifiques relatives aux stocks de poissons et aux écosystèmes concernés, cette politique a été renforcée en 2002 par la possibilité, en fonction de l'état de la ressource, d'instaurer des plans de gestion et de reconstitution des stocks. Elle a introduit pour la première fois dans son discours la notion de principe de précaution. La fermeture de la pêche pour certaines espèces peut ainsi être décidée au niveau européen sur avis du Comité scientifique technique et économique de la pêche. Ces avis scientifiques sont souvent remis en cause par les Etats membres car les intérêts économiques immédiats prévalent encore. De surcroît, la PCP est diversement appliquée par ces Etats. En France, par exemple, l'administration chargée d'en contrôler le respect peut manquer de rigueur soit par défaut de moyens, soit volontairement afin de préserver des emplois et éviter des conflits sociaux. La PCP se présente donc avec les meilleures intentions, mais le maintien de l'activité économique de ce secteur demeure en réalité incompatible avec la préservation durable des ressources et de la biodiversité. Par ailleurs, la complexité et la multiplication des règlements engendrent des difficultés d'interprétation et alimentent les conflits d'usage entre les professionnels de la mer, les adeptes des loisirs nautiques et les défenseurs de l'environnement. Les usagers du milieu marin peuvent trouver conseil auprès de juristes spécialisés, notamment universitaires. Ces derniers étudient les modifications à apporter aux lois en vigueur pour parer aux nouvelles problématiques. Ils travaillent aussi à l'amélioration des moyens juridiques de préservation de la ressource halieutique et de protection de l'environnement, en particulier en matière de sécurité des transports maritimes.
Pour aller plus loin : le site de la Direction générale de la Pêche et des affaires maritimes de la Commission européenne, et de la Politique Commune de la Pêche (PCP)
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