Tango électrique

Le principe du Searev est celui d’un pendule dont les oscillations dues au balancement du flotteur dans la houle actionnent alternativement deux pistons. Un piston exerce une pression dans un circuit d’huile (1) tandis que l’autre, mû en sens inverse, aspire l’huile d’un circuit secondaire (2). comme dans un biniou dans lequel on souffle par intermittence, la pression induite est régulée grâce à un réservoir contenant du gaz (3). En sortie, l’huile actionne un moteur hydraulique qui entraîne un alternateur dont les aimants en rotation génèrent un courant électrique dans des fils conducteurs. ce courant est transporté à terre dans un câble enterré sous la mer pour protéger celui-ci des chaluts. le choix d’une roue lestée pour le pendule facilite la mise en place d’un système de blocage bref (4). ce dernier, piloté par un ordinateur embarqué, ajuste les mouvements de la roue à ceux du flotteur au gré de la houle. On peut ainsi forcer un phénomène de résonance qui amplifie les oscillations en réduisant l’énergie perdue par frottement du flotteur sur la mer, d’où un meilleur rendement. Dans un océan déchaîné, la roue peut faire un tour complet sans endommager le système (attachés aux deux côtés de la roue, les deux pistons ne peuvent se croiser).

©RC2C

DOSSIER
L'homme et la mer

Une mer de watts

Une mer de watts

Une innovation de taille en matière d’énergies renouvelables se profile à l’École centrale de Nantes.
O.N.d.S

Imaginez-les tanguer par dizaines à la surface de la mer, un peu comme des pompes à balancier dans un champ de pétrole mais sans épuiser aucune ressource naturelle ni provoquer aucune pollution. Tel est le pari d’Alain Clément, ingénieur de recherche à l’école centrale de Nantes : déployer en mer des flotteurs de 1 000 tonnes, hauts comme des immeubles de 7 étages, avec un système qui transforme en énergie électrique les mouvements induits par la houle. Chacun de ces Searev (système électrique autonome de récupération de l’énergie des vagues) devrait fournir une puissance de 500 kilowatts pouvant alimenter 200 foyers. Alain Clément n’a pas été subitement inspiré par Victor Hugo qui voyait dans la houle « une immense force perdue » (sa puissance sur tous les océans correspondrait à celle de l’électricité actuellement consommée dans le monde). Son idée a mûri lentement jusqu’à ce qu’un appel à projet du CNRS, financé par l’état et par la Région des Pays de la Loire, permette de lancer sa mise en oeuvre en 2002. C’est que la houle, à l’école centrale de Nantes, on connaît : un grand hall y contient des bassins d’essais très performants sur les vagues et sur les carènes. Alain Clément y travaille depuis près de 30 ans mais il passe aujourd’hui un temps croissant à répondre aux sollicitations diverses. « C’est dur mais c’est bon signe ! », reconnaît-il. Voilà qui pourrait même augurer d’une innovation majeure. Plusieurs prototypes de systèmes « houlomoteurs » (les Limpet et Pelamis britanniques, notamment) sont déjà en service mais, selon le concepteur du Searev, la robustesse de ce dernier est un atout très important : à l’intérieur du flotteur, la machine sera bien abritée de la corrosion et des tempêtes. Quant à la rentabilité de la technique, le coût du mégawatt-heure industriel est estimé, à terme, à 60 euros, ainsi proche de ceux des énergies éolienne et hydrolienne (obtenue avec des hélices mues par les courants marins) et double de celui de l’énergie nucléaire. « C’est très acceptable, note Alain Clément, d’autant que les centrales nucléaires ne conviennent guère à l’alimentation de zones peu peuplées telles que les îles où acheminer le courant coûte cher. Diversifier l’exploitation de sources inépuisables d’énergie est devenu impératif. » Avant la construction du premier exemplaire du Searev par la société nantaise Leroux & Lotz Technologies, il reste à Alain Clément et à ses collaborateurs (ingénieurs et techniciens du CNRS, doctorants…) d’en peaufiner les plans, notamment grâce à des milliers de simulations sur un super-calculateur. Il faudra ensuite le tester pendant de nombreux mois en mer, probablement quelque part sur le littoral des Pays de la Loire.

En complément...

En complément…

http://videotheque.cnrs.f[...]=1794

http://www.clubdesargonautes.org

• pour les énergies marines: http://www.ifremer.fr/dtm[...]T.pdf

http://www.iea-oceans.org/ (en anglais)

• Sur le SEAREV :

http://www.ec-nantes.fr/SEAREV/

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