© www.ohazar.comLe temps d’une révolution terrestre,
l’Année mondiale de l’astronomie offre
un supplément de visibilité aux sciences de
l’Univers. Celles-ci bénéficient déjà d’une
popularité quasi constante, notamment dans les
Pays de la Loire où de nombreuses associations
font partager le plaisir du savoir scientifique
comme celui de l’observation nocturne. Mais,
s’agissant de culture scientifique, comment
susciter un intérêt qui dépasse l’attirance pour
les merveilles célestes ?
Un spectacle pour tous
En ville, à la campagne, pour les scolaires, pour
les adultes... les activités proposées autour
de l’astronomie sont complémentaires et ne
manquent pas de variété.
À Nantes, par exemple, le planétarium
projette chaque jour des films sous son
dôme, et la Société d’astronomie de Nantes
organise des observations en extérieur ainsi
que des conférences auxquelles contribuent
régulièrement les chercheurs du Laboratoire de
planétologie et de géodynamique de Nantes
(LPGNantes), parmi d’autres spécialistes de
réputation internationale.
En Mayenne, Jérôme Galard, responsable
du service « Sciences et techniques,
accompagnement de jeunes et formation » à
la Ligue de l’enseignement de la Mayenne et
animateur pour l’observatoire populaire de Laval,
sillonne les quartiers et la campagne avec un
planétarium... gonflable. « Ce moyen pratique et original pour faire découvrir à tous l’astronomie m’a permis de constater que, contrairement au public rural, le public citadin n’a plus beaucoup de références sur le ciel, peu observable sous les lampadaires et entre les immeubles. » Des équipements similaires circulent également
en Sarthe, grâce à l’association Maine Sciences,
et en Loire-Atlantique, grâce au Planétarium de
Nantes dont le directeur Gilles Roussel précise son
credo ainsi : « Le spectacle que nous proposons invite au rêve. C’est un atout pour faire découvrir l’Univers, mais notre objectif pédagogique n’est pas tant d’exposer de nombreux savoirs que d’inciter chacun à s’interroger, à poser des questions, et donc à être acteur de ses propres connaissances ».
De rêves en réalités
« Que l’on ait 7 ou 77 ans, on s’émerveille facilement de l’exploration du Système solaire. C’est pourquoi, dans nos présentations, nous montrons davantage de belles images de planètes que d’équations mathématiques » reconnaissent unanimement Stéphane Le Mouélic,
Olivier Grasset et Gabriel Tobie, chercheurs au
LPGNantes. « Puis la surprise prend le relais quand notre auditoire réalise que nous pilotons depuis Nantes, en collaboration étroite avec la Nasa, les caméras d’une sonde spatiale via nos ordinateurs pour obtenir des clichés de la surface de Titan, et que nos travaux sont largement reconnus dans le monde. »
« Le public parvient à appréhender les astres du Système solaire et les capacités d’exploration humaines, constate chaque jour Gilles Roussel, mais il lui est plus difficile de ’’sortir’’ de ce système, de se représenter le reste de l’espace. Par exemple, comment matérialiser les 40 000 milliards de kilomètres qui nous séparent de Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche de la Terre après le Soleil ? Notre rôle est celui de guide dans des échelles d’espace et de temps peu familières. »
Des coûts « astronomiques »
Le public est également étonné de la durée et
de la complexité des recherches ; à l’occasion,
il s’interroge sur leur utilité. « Nos expériences se comptent rarement en semaines : elles s’étalent typiquement sur 20 ou 30 ans », précisent Stéphane et Olivier, qui savent jouer
de comparaisons relativistes lorsqu’on aborde
les dépenses de la recherche spatiale, jugées
exorbitantes par certains. « La mission Mars Pathfinder, qui a envoyé le premier robot déambuler sur la Planète rouge, a coûté autant que la réalisation du film Waterworld », notent ils
simplement. Et Gilles Roussel d’ajouter : « Explorer l’inconnu ne sert à rien a priori, mais a priori seulement. Connaître les autres planètes et les espaces plus lointains permet pour le moins de mieux connaître la Terre, son passé et son avenir, donc de mieux savoir comment la préserver. » Comme le rappellent enfin Stéphane et Gabriel,
les défis technologiques associés à cette
exploration ont trouvé et trouveront encore
de multiples applications : « Les caméras miniaturisées qui serviront à cartographier Mars pourront également visiter notre appareil digestif ; les nouveaux panneaux solaires mis au point pour les sondes spatiales seront un jour déclinés pour les particuliers... »
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