Au début du XIXe siècle, alors que nul
n’imagine l’électricité et le magnétisme
capables d’interagir, Hans Christian Ørsted
montre qu’un courant électrique génère un
champ magnétique. Le rapport entre ces deux
phénomènes est approfondi notamment par
André-Marie Ampère et Michael Faraday,
puis, en 1865, James Clerk Maxwell
prévoit théoriquement l’existence d’ondes
électromagnétiques (oscillations couplées
des champs électrique et magnétique) dont
la lumière doit être, selon lui, l’une des
manifestations. C’est le temps de l’unification
des phénomènes électriques, magnétiques et
optiques.
De l’électricité dans l’air !
En 1887, Heinrich Hertz parvient à générer
et à détecter les ondes prédites par Maxwell
grâce à un dispositif électrique novateur : un
« excitateur » (ou « éclateur ») produit une
étincelle et celle-ci entraîne une propagation
d’oscillations électriques dans l’air ; un
récepteur situé quelques mètres plus loin
témoigne de l’existence de cette propagation
en produisant également une étincelle.
Ce dispositif est amélioré par bon
nombre de scientifiques, mais aucun
d’entre eux n’a semblé envisager
rapidement une quelconque application
pratique, excepté Guglielmo Marconi.
En combinant différents appareils
déjà mis au point (l’émetteur de
Hertz, l’antenne d’Alexander Popov
et le récepteur d’Édouard Branly),
Marconi crée le premier système
de télégraphie sans fil (TSF)
opérationnel. Après ses succès sur
quelques centaines de mètres puis
d’un bord à l’autre de la Manche,
il réalise, en 1901, la première
transmission transatlantique.
Cette dernière expérience, qui semblait
pourtant impossible en raison de la courbure
de la Terre, conduit à supposer l’existence
d’une couche atmosphérique ionisée par les
radiations solaires et capable de réfléchir
les ondes radio : l’ionosphère. À la même
époque, d’autres catégories d’ondes
électromagnétiques sont
mises en évidence,
comme les rayons X utilisés en médecine dès
1895 (radiographie) ou les rayons g de la
radioactivité.
Un monde rempli d’ondes
Entrepreneur remarquable, Marconi crée
sa société et met sa technologie au service
des militaires, notamment de la marine.
Si la TSF n’est pas l’oeuvre d’un seul
homme, le prix Nobel de physique lui sera
néanmoins décerné en 1909, conjointement
à Ferdinand Braun.
Pour l’heure, la technologie ne permet encore
que la transmission de signaux simples
tels que le morse ; un foisonnement
d’expériences vise à améliorer les
capacités de communication. Grâce
à l’alternateur haute fréquence de
Nikola Tesla, expérimentateur des plus
prolifiques qui revendiquera longtemps
la paternité du premier système
radio, il devient possible d’émettre en
continu et sur de longues distances
des ondes « entretenues », dont les
caractéristiques et la
modulation d’amplitude vont notamment
permettre la transmission de la voix.
En 1920, Marconi s’intéresse aux ondes
courtes (lesquelles se réfléchissent plus
efficacement sur l’ionosphère et ont ainsi
une portée plus grande que les ondes
longues) ; il développe la radiotéléphonie et
la radiodiffusion. Le 15 juin, le monde entier
réalise les possibilités offertes par la « radio »
à l’écoute du concert de la cantatrice
Nellie Melba diffusé en Angleterre, en France,
en Norvège, en Italie et jusqu’en Perse.
Le rayonnement électromagnétique est alors
décrit comme la propagation d’une onde,
mais la physique quantique va apporter un
nouveau bouleversement conceptuel : il peut
aussi être décrit comme celle d’une particule,
le photon, ou « quantum de lumière » selon
Einstein en 1905. Ce fait est troublant
mais il donnera lieu, dans les années 40,
à une théorie physique de l’interaction
électromagnétique remarquablement
cohérente, l’électrodynamique quantique,
qui régit aussi les liens entre les noyaux
atomiques (de charge positive) et les
électrons (de charge négative) ainsi qu’entre
les atomes. La lumière est ainsi devenue un
phénomène de même nature que la cohésion
des matériaux qui nous entourent !
Depuis l’invention de la TSF, des applications utilisant les ondes électromagnétiques ne cessent de voir le jour : radar, télévision, laser, IRM (imagerie par résonance magnétique nucléaire), téléphone portable, GPS, Wi-Fi... Leur multiplication donne aujourd’hui l’impression de vivre dans un environnement saturé d’ondes dont l’impact possible sur la santé humaine suscite l’inquiétude.
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