anthropisé : transformé par l’action de l’Homme
anthropomorphisme : attribution de caractéristiques morphologiques ou comportementales de l’espèce humaine à d’autres espèces vivantes.
éthologie : science des comportements des espèces animales dans leur milieu naturel
anthropozoologie : discipline scientifique d’étude des relations entre l'Homme et l'animal. Ce nom provient des mots du grec ancien anthrôpos (homme), zôon (animal) et logos (discours).
épizootie : équivalent, chez des espèces animales, d’une épidémie chez l’Homme (maladie qui atteint simultanément un grand nombre d’individus)
L’anthropocentrisme consiste à prendre, de façon générale, l'Homme pour référence. C’est aussi un courant de pensée qui considère l’Homme comme la finalité de l’évolution de la vie sur Terre, voire de l’Univers.
prévalence : proportion d’individus d’une population donnée qui sont contaminés au même moment
zootechnie : ensemble des sciences et des techniques mises en oeuvre dans l'élevage des animaux et dans son amélioration
écologie : discipline scientifique d’étude des interactions entre les organismes vivants et leur environnement, ce dernier étant constitué par le milieu physique (biotope) et les autres espèces qui vivent dans ce milieu
L’Aurochs (Bos primigenius), ancêtre des bovins, est apparu il
y a plus de 500 000 ans. Domestiqué il y a environ 10 000 ans,
il a disparu de nos contrées vers le Xe siècle. Le dernier spécimen
connu est mort en Pologne en 1627.
Dès les années 1920, on a cherché, sans doute à des fins plus
emblématiques qu’utiles, à « faire renaître » cet animal puissant
et spectaculaire. La reconstitution a consisté à accumuler, par
croisements sélectifs, des caractères de races bovines diverses
afin d’obtenir un phénotype proche de celui de l’Aurochs : robe
fauve et charbonnée de la race Corse, grandes cornes de la Grise
des steppes hongroise, caractère farouche du bétail Camargue ou
Espagnol, etc. Les critères de sélection, fondés sur des vestiges
osseux, des peintures rupestres et des textes médiévaux, ont
conduit à la création d’une race bovine dont il est permis de dire
que, parmi toutes les races actuelles, elle est celle qui ressemble
le plus à l’ancêtre disparu.
Cet Aurochs-reconstitué ne compte guère plus de 450 têtes en
France et 2 000 en Europe, mais le cheptel croît car son originalité
permet de valoriser une exploitation ou un territoire, dans le
monde agricole et dans le tourisme. Ses éleveurs n’ont toutefois
ni les mêmes souhaits quant aux détails anatomiques ni les mêmes
contraintes d’élevage. Ils ont donc besoin que soient rassemblées
et approfondies les connaissances scientifiques (en anatomie,
en génétique, en parasitologie, etc.) permettant d’orienter les
sélections et les modes d’élevage.
S’il y a tout à parier que l’Aurochs-reconstitué est génétiquement
éloigné de Bos primigenius, les analyses génétiques montrent
cependant que sa population est stabilisée et homogène : ses
individus partagent un ensemble de gènes qui assure à leurs
progénitures d’avoir de longues cornes et la robe de la race Corse,
entre autres caractères communs.
En particulier, l’Aurochs est dit rustique. La rusticité est un caractère qui intéresse de plus en plus les éleveurs mais qui recouvre différentes notions : ancienneté, résistance à un environnement rude, facultés d’adaptation... Afin de pouvoir évaluer ce caractère de façon objective et systématique, nous avons défini une « note de rusticité » qui prend en compte la durée de présence de l’animal dans une exploitation donnée et les caractéristiques de l’exploitation, comme la quantité et la variété de la nourriture disponible, la rudesse du climat, la présence d’abri et le niveau de soin humain. L’inclusion de données génétiques dans cette note est à l’étude.
• Guintard, C., « L’Aurochs et ses essais de reconstitution », thèse de doctorat vétérinaire, Nantes, 1988, 303 p.
© www.ohazar.comProduire du lait ou une viande qui réponde
à de nombreuses exigences, être facile à
élever, assurer un revenu stable à l’éleveur...
Être bovin aujourd’hui n’est pas une sinécure !
Outre un allègement en matières grasses,
les consommateurs demandent des produits
laitiers dont la teneur élevée en acides gras
de type oméga-3 diminue le risque de maladie
cardiovasculaire. Pour ce faire, une méthode
efficace consiste à modifier l’alimentation des
vaches. Des travaux menés en 2006 par un
membre de notre équipe à l'Inra ont permis
de montrer, en comparant les effets respectifs
d’alimentations différentes, que des aliments
comme l’herbe et les graines de lin permettent
d’augmenter la teneur du lait en oméga-3.
Une partie des consommateurs privilégie les
produits de terroir dont les caractéristiques
organoleptiques (saveur, texture) sont
particulières. C’est le cas des produits
d’appellation d’origine contrôlée (AOC). Pour
les obtenir, il existe des cahiers des charges
adaptés mais ceux-ci sont parfois insuffisants
pour répondre aux exigences. L’étude que
nous menons sur l’AOC « viande bovine
Maine-Anjou » recense les pratiques d’élevage
(pâturage, recours à tel ou tel complément
alimentaire...) et les caractéristiques des viandes
mesurées par des analyses physicochimiques
et par des analyses sensorielles faites par des
dégustateurs. Nous essaierons d’en déduire
l’impact des pratiques sur la tendreté, la couleur
rouge vif ou la « jutosité » de la viande, qui sont
des caractéristiques requises pour cette AOC.
Les compléments alimentaires très énergétiques
tels le blé et l’orge, souvent donnés pour
augmenter la lactation, provoquent parfois
une acidose (trouble digestif) qui diminue
les performances de production des vaches.
Nos travaux menés en collaboration avec l'Inra
ont permis de déterminer, pour de tels aliments,
des quantités et des niveaux de qualité
(apport énergétique, teneurs en minéraux et
en protéines...) en dessous desquels le risque
d’acidose n’est plus significatif.
Enfin, depuis quelques années, les prix de vente du lait et de la viande connaissent une forte instabilité qui tend à nuire aux revenus des éleveurs. Ces derniers sont donc souvent contraints d’acheter moins d’intrants (aliments, médicaments) tandis qu’ils doivent maintenir le rythme et la qualité de leur production. Cette situation exige, outre un effort de gestion, de disposer d'animaux peu sensibles à une variation des conditions d’élevage. Nous cherchons actuellement, grâce à des enquêtes de terrain, à préciser les facteurs d’une telle flexibilité : cumul de différentes qualités par croisement de races, alimentation diversifiée, etc.
La maîtrise des risques de zoonose, maladie due à des agents pathogènes qui
se transmettent de l’animal à l’Homme (le phénomène inverse existe aussi !)
a beaucoup progressé, par la connaissance de ces agents et par les mesures
d’hygiène que celle-ci a permis de prendre. Dans ce domaine, la recherche en
virologie vise surtout à anticiper l’émergence de nouveaux risques. Voici un
exemple.
Les norovirus (NoV) humains, de la famille des Calicivirus, sont responsables chez
l’Homme de la majorité des gastro-entérites virales, qui sont souvent liées à la
consommation de coquillages contaminés par ces virus. Des NoV non humains
mais qui présentent des similitudes avec les NoV humains ont été mis en évidence
chez des porcs et des vaches, laissant suggérer que ces animaux constituent un
réservoir de NoV potentiellement pathogènes pour l’Homme. Bien qu’aucune
transmission de NoV de l’animal à l’Homme n’ait été démontrée, il importe de
savoir si ces souches sont capables de « passer la barrière d’espèce » (infecter des
cellules d’une espèce qui ne comptait pas, auparavant, parmi leurs cibles).
Un tel passage est rare et complexe ; celui du virus du Sida, passé du Chimpanzé
à l’Homme, et celui de la grippe aviaire en sont deux exemples. Il nécessite que le
virus puisse se fixer sur un ou plusieurs récepteurs situés à la surface de cellules
humaines. Il y a quelques années, notre équipe a montré que les virus RHDV
(Calicivirus du Lapin) et Norwalk (NoV humain) se fixent sur des glycannes, des
récepteurs semblables chez l’Homme et chez le Lapin et présents sur leurs cellules
épithéliales (de la muqueuse intestinale, en particulier). Plus récemment, nous
avons mis en évidence la fixation d’un NoV bovin sur un glycanne différent, que
l’Homme ne possède plus (il l’a perdu au cours de son évolution). Cette dernière
observation suggère que la probabilité d’infection de l’Homme par le NoV bovin
actuel est très faible. Nous étudions actuellement le cas des NoV porcins.
Pour connaître les risques de propagation des zoonoses, il importe aussi d’évaluer la prévalence (cf. ci-contre) de l’infection d’animaux par les NoV et l’ampleur de la contamination de l’environnement, en particulier sur les sites d’élevage. Ces études épidémiologiques sont cependant délicates à réaliser, pour deux raisons principales. D’une part, la diversité des situations rend difficile l’harmonisation des méthodes de prélèvement et d’analyse, qui permettrait de disposer de résultats comparables d’une étude à l’autre. D’autre part, la recherche de nouveaux pathogènes est toujours ressentie au sein des filières de production animale comme une menace pesant sur leurs activités.
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