donneur d’organe : personne vivante ayant déclaré consentir au prélèvement de l’un de ses organes. Cette opération est souvent effectuée juste après le constat de la mort cérébrale du donneur ; outre une partie d’un organe ou tissu (sang, foie, moelle, etc.), une personne en bonne santé peut donner un rein.
cohorte : échantillon statistique d’une population suivie pendant un temps relativement long, souvent plusieurs années, et dont les individus ont une caractéristique commune (même tranche d’âge, même pathologie...)
oxydant : qualifie une espèce chimique oxygénée, comme le peroxyde d’hydrogène (« eau oxygénée » H
2
O
2
), très réactive et, de ce fait, capable d’altérer des constituants cellulaires. L’action de telles substances (stress oxydant) participe au vieillissement de l’organisme.
biocompatible : se dit d’un matériau inerte qui ne provoque ni lésion, ni effet toxique ou cancérogène, ni réaction inflammatoire ou allergique dans le tissu vivant au contact duquel il est implanté
Une transplantation consiste à prélever
un organe chez un donneur pour le
substituer à un organe déficient chez un
receveur. Ce type d’opération est réalisé avec
succès depuis 50 ans, grâce à la découverte
des mécanismes de l’immunité cellulaire1 que l’on peut inhiber pour empêcher un rejet
systématique de l’organe greffé.
Certains organes comme le foie semblent être
mieux « acceptés » que d’autres, tels le rein, le
coeur ou le poumon, mais ils ne sont pas pour
autant faciles à greffer. De plus, quel que soit
l’organe, le succès de l’opération est toujours
relatif, car les traitements pharmacologiques
« immunosuppresseurs », qui ne fonctionnent
pas toujours indéfiniment, ont souvent des
effets secondaires qui sont considérés par les
patients comme une nouvelle maladie. L’objectif
des chercheurs en transplantation est donc de
permettre une tolérance complète et définitive
du greffon, qui se traduit par son acceptation
sans nécessité de prise de médicaments.
La voie de recherche actuellement privilégiée
consiste à trouver, outre des médicaments
immunosuppresseurs plus efficaces et moins
toxiques, des moyens qui permettraient, chez
un patient donné, de stimuler une production
naturelle et très ciblée de substances
empêchant le rejet du greffon2. Dans ce cadre,
l’étude de quelques très rares patients qui, las
de leur traitement antirejet, ont abandonné
celui-ci sans pour autant provoquer une
réaction de rejet suscite un intérêt
grandissant.
Vers la personnalisation des traitements antirejet
L’objectif est de rechercher, chez ces
patients particuliers, les mécanismes de
la tolérance « spontanée » (non provoquée
par des traitements) afin de mettre en oeuvre
une stratégie thérapeutique mieux adaptée
à chaque cas de transplantation. Il serait
alors utile de procéder à une biopsie de leur
greffon, c’est-à-dire une analyse approfondie
d’un prélèvement de l’organe greffé, mais
le taux de perte de greffons consécutive à
ce type d’opération (0,1 %) est considéré
comme trop élevé. On préfère alors étudier les
compartiments biologiques voisins du greffon
et plus facilement accessibles, tels que le sang
et les urines, en essayant d’y identifier des
« biomarqueurs de la tolérance ». Il s’agit de
gènes codant des protéines qui, en situation
normale ou chez d’autres patients, sont
absentes ou présentes en moindres quantités.
Une fois ces gènes identifiés, il faudra préciser
les facteurs qui sont à l’origine de l’expression
de ces protéines afin de pouvoir moduler ou
réduire les traitements classiques.
Nous avons déjà identifié quelques biomarqueurs
de cette tolérance spontanée dans le sang de
patients, mais il reste à vérifier la réalité de leur
rôle supposé. À cette fin, étant donné qu’il est
trop risqué de suspendre les traitements chez
les transplantés présentant ces marqueurs, il
faut pouvoir comparer les tissus, les traitements
et les situations d’un nombre important de
patients greffés. Cela nous sera possible en
nous appuyant sur les nombreuses données
des cohortes (cf. le glossaire ci-contre) issues
des réseaux nationaux de greffe de rein (Divat)
et de poumon (Colt)3.
Enfin, il ne faudrait pas oublier un autre
problème majeur en transplantation : la
pénurie d’organes qui se fait parfois critique,
tout particulièrement en France. Le nombre
de prélèvements, depuis longtemps inférieur
aux besoins (plus de 200 personnes meurent
chaque année en France faute d’organes
disponibles), tend en effet à stagner tandis que
celui des patients en attente d’un greffon ne
cesse d’augmenter4.
1. Cf. Un grand pas pour l’immunité
2. Cf. Des sésames de survie
3. Données informatiques validées en transplantation et Cohort of lung transplantation, projet lancé en 2009 et coordonné par le CHU de Nantes
4. Cf. Fédération des Associations pour le Don d'Organes et de Tissus humains
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