La décomposition d’une image originale de 512 x 512 pixels (à gauche), réalisée sur un premier
niveau de résolution, donne 4 imagettes de 256 x 256 pixels (à droite) : en haut à gauche, une
imagette (A1) de résolution immédiatement inférieure ; en haut à droite (H1), les détails des
contours horizontaux ; en bas à gauche (V1), les détails des contours verticaux ; en bas à droite
(D1), les détails des contours diagonaux. H1, V1 et D1 représentent exactement les détails perdus
lorsqu’on passe de l’image originale à A1. Il leur correspond des « coefficients d’ondelettes » ;
plus un coefficient a une valeur élevée, plus le contour qu’il représente dans l’image originale est
important (fort). En recombinant A1, H1, V1 et D1 par une transformation en ondelettes inverse,
on peut reconstruire l’image originale.
Si l’on souhaitait obtenir la décomposition par transformation en ondelettes selon un deuxième niveau de résolution, il suffirait de réaliser une décomposition similaire sur l’imagette A1, pour obtenir des imagettes A2, H2, V2 et D2 de taille 128 x128 pixels, et cetera.
Nous avons presque tous déjà eu
l’occasion de manipuler un système
de géolocalisation tel que Google Maps ou
Géoportail. Ce type de service disponible
via Internet permet de visualiser des images
aériennes, depuis l’échelle d’un continent
jusqu’à celle d’une rue. Pour pouvoir « zoomer »,
il exploite la fonctionnalité de « graduabilité »
ou « scalabilité » du système, définie comme
la capacité de transporter, dans un seul flux
de données binaires, plusieurs niveaux de
qualité du signal. Quand ce signal contient les
attributs de couleur ou les niveaux de gris des
pixels d’une image, le flux comporte d’abord
une couche de base dont le décodage permet
un affichage avec une faible résolution, puis
viennent des couches supplémentaires dont
les décodages respectifs augmentent le niveau
de détail de l’image affichée. C’est ainsi qu’il
est possible à la fois de zoomer sans perdre
en qualité graphique et d’éviter que le logiciel
informatique utilisé traite toutes les données
disponibles si cela n’est pas nécessaire.
L’opération lors de laquelle sont réalisées
différentes couches de qualité d’une image
est une « compression » (le standard de
compression d’images le plus récent est
JPEG2000), et la première opération effectuée
sur les données d’une image pour en faire
un flux graduable est la « transformation en
ondelettes ».
Des grilles d’ondelettes
Au début du XIXe siècle, Joseph Fourier
a inventé le principe de décomposition
d’une fonction en une infinité de fonctions
sinusoïdales élémentaires (cf. Explorateurs de formes). Cette « transformée de Fourier »
permet de décrire tout signal comme une
somme d’ondes : les fréquences, les phases
et les amplitudes de ces ondes caractérisent
le signal1. Cette représentation est cependant
insuffisante pour décrire utilement des
signaux comportant des changements
brusques (par exemple, les forts contrastes
d’une image, tels que les contours d’un
objet photographié). Elle permet de repérer,
avec une précision plus ou moins grande, les
différentes valeurs d’intensité lumineuse et
les couleurs qui existent dans une image mais
pas de connaître leurs distributions spatiales,
parce que les ondes élémentaires de Fourier
sont définies sur l’espace tout entier.
En revanche, les ondelettes, inventées par
Jean Morlet dans les années 1970, sont des
objets mathématiques qui oscillent, comme
les fonctions de Fourier, mais qui sont définies
à un endroit précis de l’espace (sur un
« support » dont la largeur est inversement
proportionnelle à la fréquence d’oscillation).
Elles permettent ainsi de décrire une image
sur plusieurs niveaux de résolution tout en
y localisant les changements. L’autre intérêt
de leur emploi est de permettre de réduire la
taille de l’information numérique manipulée
(le nombre de bits) en la structurant (en
particulier, si une zone ne présente pas de
variation, l’information stockée ne portera que
sur les bords de cette zone) et en éliminant
les détails inutiles parce qu’ils ne seront pas
visibles.
S’adapter à l’oeil humain
Nos travaux portent notamment sur la façon
d’utiliser, dans des algorithmes de traitement
d’images, une transformation en ondelettes
selon un procédé dit « de complexité faible »,
qui nécessite moins de calculs et d’espace en
mémoire que les procédés déjà utilisés. Un
type de procédé récemment obtenu, nommé
« lifting », a ouvert la voie à l’utilisation d’une
famille d’objets mathématiques, les « X-lettes »,
dont les ondelettes sont des cas particuliers, et
qui peuvent être adaptés à une description
d’image plus efficace qu’avec les ondelettes.
Par exemple et de façon privilégiée, nous
cherchons actuellement à adapter la
représentation des images par des X-lettes
aux caractéristiques du système visuel humain.
L’idée directrice est de mieux comprendre, en
s’appuyant sur des données expérimentales,
comment la perception visuelle humaine traite
les détails des signaux perçus (comment elle
favorise ou ignore certains contrastes ; quelle
est sa sensibilité à l’orientation des contours...),
puis de traduire ce traitement en termes
d’X-lettes appropriées afin d’améliorer le
rapport entre qualité perçue et rapidité
d’exécution du traitement informatique.
1. Ainsi peut-on, par exemple, analyser le spectre d’une lumière, comme celle d’une étoile.
• Wikipedia : rechercher « ondelette »,« compression par ondelettes » et « JPEG 2000 »
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