«Adolescent, je m’imaginais derrière le comptoir de mon officine... »
C’est avec une vocation encore fragile que
Jean-Pierre Benoît s’est engagé dans des
études de pharmacie à l’Université de Tours,
avant qu’un professeur de chimie organique
le passionne pour les molécules du vivant et
les polymères. Deux thèses faites dans ces
disciplines lui font ensuite découvrir le milieu
de la recherche qu’il ne va pas quitter.
Directeur de l’unité Inserm1 646 « Ingénierie
de la vectorisation particulaire » depuis 10 ans,
ce professeur des universités et pharmacien
au CHU d’Angers multiplie les casquettes et
les récompenses, dont la plus récente, reçue le
14 novembre 2010 à La Nouvelle-Orléans, est
le Research Achievement Award. Ses pairs de
la Fédération pharmaceutique internationale
l’ont ainsi honoré pour sa carrière et les
recherches menées avec son équipe sur les
« médicaments vectorisés », particulièrement
intéressants pour lutter contre des cancers :
encapsulées dans des sphères de polymères
de taille micro ou nanométrique, les
substances thérapeutiques circulent dans le
sang et s’accumulent peu à peu dans les tissus
poreux des tumeurs ; c’est seulement lorsque
leur coque protectrice se dégrade qu’elles
agissent. On peut aussi les attacher à des
colloïdes (agrégats de macromolécules) qui
vont adhérer uniquement aux cellules à traiter.
« Ces techniques de vectorisation permettent
d’optimiser l’action du médicament tout en
réduisant ses effets secondaires », explique
le lauréat avant d’ajouter que sa double
compétence (chimie et pharmacologie) lui a
permis, dès son arrivée à l’Université d’Angers,
de développer cette spécialité alors nouvelle.
L’accomplissement aujourd’hui récompensé n’est pas seulement scientifique : c’est aussi celui d’un entrepreneur de santé publique. « Lorsque j’ai obtenu un poste de Professeur en 1988, aucune structure de recherche en pharmacie n’existait à Angers. J’ai donc intégré les locaux de la faculté de médecine avant de créer, en 1992, un laboratoire de pharmacie galénique2 au sein de la faculté. » Initialement composée de 4 personnes, l’équipe (rattachée à l’Inserm en 2001) en compte aujourd’hui une cinquantaine. Jean-Pierre Benoît est aussi à l’origine de la création de trois start-up, sources de 25 emplois en 15 ans, dédiées à la production des micro ou nanomédicaments nécessaires aux essais cliniques. « C’est une grande satisfaction que de concevoir un médicament et de superviser son cheminement depuis sa synthèse au laboratoire jusqu’à son administration à des patients. ».
1. Institut national de la santé et de la recherche médicale
2. branche de la pharmacie qui consiste à formuler, à partir d’une substance active, un médicament en comprimé, en gélule, en solution injectable, etc.
© www.ohazar.comÀ quoi sert le « Passeport Recherche »1 délivré à plus de 1 500 lycéens ligériens depuis 2006 ? Est-ce un sésame pour découvrir les pratiques de la science et les recherches menées en région ? Certes, mais pas seulement. « Les élèves enrichissent leurs connaissances scientifiques en discutant avec un chercheur, à l’occasion de visites de laboratoire ou grâce à des recherches bibliographiques sur un thème choisi. Ils apprennent aussi à les restituer avec soin et de manière originale », précise Véronique Gratas, coordinatrice régionale du Passeport Recherche. Ils sont parfois accompagnés par leur professeur de français dans la production médiatique (journal, exposition, émission radio, jeu de société...) qu’ils doivent présenter en mai à tous les autres participants. « Ainsi, nous sollicitons leurs compétences en sciences, en français, en TIC 2 et parfois même en langues étrangères tout en les sensibilisant à l’importance d’une communication de qualité », souligne Philippe Deniaux, professeur de SVT et coordinateur « Sciences et environnement » à la Délégation académique à l’action culturelle du Rectorat de Nantes (partenaire du dispositif). L’année dernière, une classe de 1ère du lycée Livet à Nantes a choisi de travailler sur le thème de « l’écobéton » avec l’aide du GeM3. Elle s’est alors rendue à Dublin afin notamment de visiter une usine de traitement du laitier d’aciérie, un composant de ce matériau. « Cette première expérience réussie nous incite à installer une dimension européenne dans les projets futurs, l’occasion pour les lycéens de se familiariser avec une langue et une culture différentes des leurs tout en découvrant les recherches menées dans un autre pays », ajoute Philippe.
1. financée par la Région Pays de la Loire. Cf. Chercheurs en herbe, Têtes chercheuses n°1.
2. technologies de l’information et de la communication
3. Institut de recherche en génie civil et mécanique (École centrale de Nantes/Université de Nantes/CNRS)
En savoir plus et connaître les 8 projets en cours :
Véronique.Gratas@univ-nantes.fr, 02 28 08 00 25 ;
v.millot@terre-des-sciences.org (Vincent Millot), 02 41 72 14 21 ;
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