D’ une superficie 4 fois supérieure à celle de la France, le Groenland possède une calotte glacière, l’Inlandsis, qui recouvre 80% du sol et peut atteindre 3 kilomètres d’épaisseur. Il est peuplé d’Eskimos, mot qui signifie « ceux qui mangent de la viande crue ». Entre eux, ils s’appellent Inuit, (pluriel d’ Inuk) c’està- dire « les hommes par excellence ». Seule femme occidentale à séjourner à Siorapaluk, village le plus septentrional du Groenland, Jocelyne Ollivier-Henry se passionne pour le quotidien des I n u i t , é t u d i a n t leur alimentation, leurs techniques a n c e s t r a l e s d e chasse et de pêche. Dans un climat où la température atteint -50° et où la nuit dure 4 mois, elle a appris à lutter contre le froid, à confectionner ses vêtements, à piéger les lièvres, à attraper les oiseaux avec une grande épuisette… Un médecin assure une visite annuelle. Le grand hôpital le plus proche se situe à 2 700 km ! Un seul engin motorisé permet de transporter des charges importantes, les chiens de traîneaux demeurant le principal moyen de locomotion. Sur cette terre recouverte de glace, l’approvisionnement en eau liquide demeurait jusque très récemment une préoccupation importante. L’installation d’une mini-centrale électrique et d’un réservoir d’eau a notamment facilité le travail des peaux en augmentant le volume d’eau chaude disponible. Elle a ainsi favorisé le maintien de la population sur place et la croissance démographique. Le village compte aujourd’hui 83 habitants dont 37 enfants. Comme les chasseurs inuit, Jocelyne constate depuis une dizaine d’années une nette augmentation de la température de l’air ambiant et une diminution de l’épaisseur de la banquise. La mer, auparavant libérée des glaces aux alentours de juillet, l’est dorénavant dès la fin mai ! Toutefois, ces changements ne semblent pas avoir encore affecté le gibier (ours, phoques, poissons…), lequel, s’il migrait vers d’autres contrées, poserait un sérieux problème d’approvisionnement. Pour cette passionnée d’ethnologie, si l’Année polaire internationale permet de fédérer les chercheurs sur les problèmes liés à l’environnement, elle sert aussi à mieux connaître les populations arctiques et à mieux prendre en compte leurs besoins
Renard polaire © CNRS Photothèque / Franck Delbart, Institut polaire Paul-émile Victor (Finistère)L’ Année polaire internationale est une opération organisée à peu près tous les 50 ans. Elle rassemble des équipes scientifiques du monde entier sur des projets d’études portant sur l’environnement polaire. Les trois éditions précédentes ont concerné principalement l’exploration de régions inconnues et la compréhension de phénomènes de grande échelle tels que la circulation des masses océaniques et atmosphériques. Cette quatrième édition est surtout focalisée sur l’étude du réchauffement climatique, des pollutions atmosphériques et de leur impact sur la diversité des espèces vivantes. Le réchauffement du climat a pour conséquence de faire fondre les calottes de glace polaires, fonte dont il apparaît important de connaître l’ampleur et la rapidité. Par ailleurs, certains des produits polluants présents dans l’atmosphère terrestre sont piégés dans les glaces dont l’analyse fournit des indications sur l’évolution de la pollution atmosphérique globale. Certains lycéens s’intéressent de près à ces problèmes. Ainsi 29 élèves du lycée Jean Bodin des Ponts-de-Cé, près d’Angers, se sont lancés à la découverte du pôle Sud, encadrés par leurs professeurs de SVT (sciences de la vie et de la Terre) et de physique-chimie.
Grâce à des recherches sur Internet, ces élèves de seconde ont recueilli un grand nombre d’informations sur l’écosystème de l’Antarctique. Large de 4 500 kilomètres de diamètre et recouvert de glace à 99,6 %, ce continent n’a été découvert qu’en 1820 par le navigateur russe Fabian von Bellinghausen. Les lycéens ont pris connaissance des activités scientifiques de la base française Dumont d’Urville et établi des relations avec Terre des sciences (Centre de culture scientifique, technique et industrielle d’Angers) et l’Institut Paul-Emile Victor de Brest. Ils ont également rencontré, à l’occasion d’une conférence et d’un débat tenus dans leur lycée lors de la dernière Fête de la science, le sénateur Christian Gaudin, rapporteur d’une étude sur la recherche en milieu polaire et plus particulièrement en Antarctique où il a passé 5 semaines. « Les élèves ont été particulièrement surpris par les conditions extrêmes qui règnent en hiver aux pôles et par l’ampleur des reculs de la calotte polaire antarctique et de la banquise de l’hémisphère Nord », indique Ghislaine Gaudemer, enseignante responsable du projet. « Faire de l’Antarctique un centre d’intérêt pour les élèves favorise leur prise de conscience sur les conséquences environnementales de nos comportements, y compris sur des terres aussi lointaines. »
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Le site officiel de L'Année Polaire Internationale
Site sur Paul Emile Victor
L'année polaire internationale au CERIMES
© à venirSamuel Bertrand, doctorant lauréat d’un concours organisé par Angers Technopole, vient d’obtenir une bourse de 30 000 euros pour un projet de création d’entreprise en association avec le laboratoire Substances d’origine naturelle et analogues structuraux (Sonas), l’entreprise Kromaton et l’Iteipmai (un institut technique interprofessionnel agronomique), tous basés en Anjou. « Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur de l’Ecole nationale supérieure de chimie de Lille, j’ai souhaité poursuivre mes études par des travaux de recherche, précise Samuel . Je n’avais pas d’idée arrêtée ni sur une spécialisation ni sur une ville précise mais lorsque le Sonas m’a proposé de faire une thèse en partenariat avec le Groupe d’étude des interactions hôte-parasite de l’Université d’Angers, je n’ai pas hésité. » Le Sonas est spécialisé dans la recherche de molécules d’origine végétale et d’intérêts thérapeutiques contre les cancers, les virus ou les micro-organismes parasites. La thèse de Samuel a pour objet l’étude de molécules sécrétées par un champignon et qu’on trouve notamment dans les bronches des patients atteints de mucoviscidose. Une partie de son travail a consisté à mettre au point des procédés dits d’extraction ou de purification qui permettent de séparer les divers constituants d’un mélange donné afin de les identifier et d’en déterminer les quantités respectives. L’acquisition de ce savoir-faire lui a permis de développer une activité commerciale autour de tels procédés. C’est ce qu’on appelle valoriser un travail de recherche.
La société qui va bientôt voir le jour n’a pas encore de nom mais dispose déjà de nombreuses applications qui devraient intéresser des clients industriels, parmi lesquelles l’extraction de l’hypéricine et le contrôle de qualité de la badiane. Extraite du millepertuis, l’hypéricine est une molécule très recherchée pour ses propriétés antidépressives et antivirales. Le bassin angevin en produit plusieurs variétés sélectionnées pour leur teneurs élevées en principes actifs. Une production locale accrue de cette plante devrait mettre la société en bonne position par rapport à la concurrence. L’anisatine est extraite de l’anis étoilé ou fleur de badiane, plante originaire de Chine, utilisée dans les pharmacopées ou comme épice, et dont certaines variétés toxiques ne peuvent être distinguées à l’oeil nu. A l’heure de l’arrivée sur le marché d’une grande quantité de végétaux en provenance d’Asie, la société pourra fournir des outils de comparaison permettant de déterminer la teneur en molécules toxiques dans une badiane donnée
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