molécule organique : type de molécule qui constitue la base de la quasi-totalité des tissus des êtres vivants et qui contient au moins des atomes de carbone et d’hydrogène.
piézo-électrique : se dit d’un matériau capable de produire un courant électrique sous une contrainte mécanique et, inversement, de se déformer lorsqu’on lui applique une tension électrique.
polymère : matériau constitué par la répétition d’unités moléculaires (souvent organiques et souvent très nombreuses) constituant des fibres, des gels, des réseaux solides… Exemples de polymères naturels : l’amidon, la cellulose, le latex, la soie ; exemples de polymères synthétiques : les matières plastiques, le nylon, le Teflon®.
matériau composite : assemblage d’au moins deux matériaux non miscibles (qui ne se mélangent pas). Possède des propriétés que ses éléments seuls ne possèdent pas.
Une fissure de quelques micromètres dans un matériau peut-être la cause de sa rupture complète. Aussi la détection de fissures mobilise-t-elle de plus en plus de chercheurs en raison des exigences croissantes des citoyens en matière de fiabilité des machines, des ouvrages et des moyens de transport. Parmi les diverses approches qui permettent de traquer les défauts d’homogénéité structurelle, les techniques acoustiques se distinguent par leur faible coût, la facilité de leur mise en oeuvre, leur caractère inoffensif pour l’Homme et non destructif pour les matériaux. En s’appuyant sur son expertise dans les phénomènes acoustiques et dans la conception de matériaux antibruits, le Laboratoire d’acoustique de l’Université du Maine (Laum) développe des méthodes capables de détecter de très petites fissures et qui utilisent des effets d’acoustique non linéaire illustrés par la figure ci-dessous. Lorsqu’un son est émis à une fréquence f à la frontière d’un solide sans fissure, seule la fréquence f sera présente dans le son capté à la frontière opposée. En présence d’une fissure, le son subit des distorsions : des ondes sonores sont induites au niveau de celle-ci avec des fréquences multiples de f telles que 2f, 3f etc. Cette technique utilise des ultrasons (sons à très hautes fréquences) générés dans des objets solides à l’aide de matériaux piézo-électriques ou d’impulsions laser. Une fois une fissure détectée, il reste à la localiser et à la caractériser en fonction des sons enregistrés. de telles déductions sont possibles grâce aux formulations théoriques des phénomènes acoustiques et à des expériences en laboratoire.
Les matériaux composés de polymères artificiels, tels que les matières plastiques, représentent aujourd’hui près de 40 % du chiffre d’affaires de l’industrie chimique. Employés dans tous les secteurs d’activité, ils ont vu leur production multipliée par un facteur 3,6 au cours des 30 dernières années (contre 1,4 seulement pour l’acier). cette production n’utilise que 4 % du pétrole consommé dans le monde. Elle permet même d’économiser le pétrole grâce à l’allègement des véhicules ou à la meilleure isolation thermique que les polymères procurent. cependant, il est devenu urgent d’innover afin de les fabriquer à partir de ressources renouvelables. Il s’agit non seulement d’employer des matières premières d’origine végétale et d’utiliser des réactifs moins nocifs (c’est la stratégie dite de « chimie verte ») mais aussi de diminuer et de recycler les déchets. L’Unité de chimie organique, moléculaire et macromoléculaire (UcO2M) est très investie dans l’ingénierie macromoléculaire qui vise à mettre au point des méthodes de synthèse originales et performantes de nouveaux polymères issus d’une ressource renouvelable, le caoutchouc d’origine naturelle (dont l’élasticité demeure d’ailleurs inégalée par les autres matériaux de synthèse). Il s’agit de scinder les chaînes moléculaires du caoutchouc, de les réarranger et d’y insérer des molécules utiles à l’aide de solvants non toxiques. Les matériaux attendus concernent de nombreuses applications telles que la résistance au feu ou des revêtements qui tuent les micro-organismes. ces techniques présentent un intérêt supplémentaire : l’amélioration du recyclage d’élastomères tels que les pneumatiques usagés.
Mélange polyéthylènepolystyrène avec additif. à gauche, simulation numérique ; à droite, matériau synthétisé (grossi 1 200 fois). © Bin CHen et al. cc Pour créer des nouveaux matériaux qui puissent notamment répondre à certaines demandes très précises des industriels, les chercheurs peuvent s’appuyer depuis quelques années sur un outil très efficace : l’ingénierie virtuelle des matériaux. cette approche consiste à utiliser la puissance de l’informatique pour prédire les propriétés fonctionnelles, telles que la dureté ou la résistivité, d’un matériau qu’on envisage de créer, en fonction de sa composition chimique et de la structure tridimensionnelle de ses constituants, parfois détaillée à l’échelle de leurs molécules. Les connaissances physico-chimiques actuelles sont traduites en terme de modèle (un ensemble d’équations mathématiques complexes) qui fait ensuite l’objet d’une numérisation, c’est-à-dire d’un programme informatique grâce auquel sont calculées les grandeurs inconnues dans les équations. La confrontation des résultats du modèle aux propriétés de matériaux existants permet d’en valider l’intérêt. La modélisation informatique permet ainsi de plonger dans un monde virtuel de matériaux possibles. Lorsque l’un d’entre eux présente des propriétés intéressantes, il faudra ensuite parvenir à le synthétiser, ce qui pourra nécessiter la mise au point d’un nouveau procédé de fabrication. ce type d’outil permet de réduire considérablement le nombre d’essais de fabrication souvent longs et coûteux. de grands groupes industriels, notamment dans le secteur automobile, l’ont à présent adopté. c’est grâce à lui que l’Institut supérieur des matériaux du Mans (Ismans) a, par exemple, réussi à formuler des mélanges de polymères améliorant la résistance des câbles électriques soumis à des hautes tensions ou à concevoir des solvants, appelés fluides complexes, capables d’extraire sélectivement certaines molécules d’un produit
La résistance des matériaux a toujours été un critère d’importance majeure dans la conception des pièces des structures développées par les industries de construction. C’est la première qualité attendue pour le plancher d’une automobile, pour le tablier d’un pont ou pour le fuselage d’un avion. Avec l’augmentation du coût des hydrocarbures liée à leur raréfaction, un autre critère a pris une grande importance : celui de la légèreté des matériaux qui permet de dépenser moins d’énergie pour déplacer les objets qu’ils constituent. Les propriétés mécaniques d’un objet dépendent bien sûr de sa forme et de la nature de ses constituants mais également de la façon dont ces derniers sont structurés et assemblés. Les progrès des matériaux de construction proviennent aussi bien des recherches relatives à leurs compositions chimiques que celles qui concernent les procédés de fabrication. à titre d’exemple, l’aluminium est de plus en plus utilisé car c’est un métal léger. Comme il est peu résistant aux contraintes mécaniques, il faut souvent l’associer à des pièces d’acier mais il s’avère difficile de faire adhérer solidement ces deux métaux l’un à autre. C’est pourquoi nous développons une nouvelle technique de soudage par « frottement-malaxage » qui permet de les imbriquer très finement à leurs frontières. Ces recherches permettent en outre d’améliorer la sécurité liée à l’emploi des matériaux (un autre critère d’importance croissante), par exemple en étudiant la façon dont ils se détériorent ou en augmentant leur capacité à absorber les chocs et à se déformer selon un axe privilégié.
L’emploi de matériaux plus légers sans perte de solidité et sans augmentation importante des coûts de production est devenu le principal enjeu de la compétition actuelle entre Boeing et Airbus. Cet objectif est en bonne partie à l’origine de la création récente d’EMC2 (Ensembles métalliques et composites complexes), pôle de compétitivité des Pays de la Loire. À cette fin, les chercheurs et les ingénieurs tendent à remplacer progressivement les pièces métalliques par des pièces hétérogènes dans lesquelles des fibres de carbone sont noyées dans une matrice en polymère. La présence des fibres renforce la résistance mécanique du matériau le long de son axe principal ; la présence de polymère assure à la fois la cohésion de l’ensemble et la résistance du matériau à des sollicitations transverses. Les caractéristiques de ces matériaux composites ne sont pas toutes bien connues, c’est pourquoi ils suscitent de nombreuses collaborations pluridisciplinaires, animées en région notamment par l’Institut de recherche en génie civil et mécanique (GeM), laboratoire commun à l’école centrale de Nantes, au CNRS et à l’Université de Nantes. Les avancées résultent non seulement d’essais en laboratoire destinés à mieux comprendre leurs caractéristiques physicochimiques mais aussi du développement d’outils de calcul mathématiques et informatiques capables de déterminer les meilleurs paramètres (température, pression…) pour tel ou tel procédé de fabrication.
Les matériaux de génie civil font également l’objet d’avancées importantes. Le béton traditionnel est un matériau hétérogène constitué de ciment, de sable et de gravier. Pour le mettre en oeuvre, on y ajoute de l’eau qui durcit le ciment grâce à une réaction chimique dite d’hydratation et qui permet au béton de s’écouler assez facilement pour être mis en forme avant son durcissement. Or la quantité d’eau nécessaire à la mise en forme des bétons traditionnels est beaucoup plus importante que celle qui suffit pour la réaction d’hydratation. Après son évaporation, cette eau excédentaire laisse des trous qui sont dangereux à l’usage car ils constituent des amorces de futures fissures.
Sur la composition des bétons, les chercheurs ont progressé avec un objectif inverse de celui qui prévaut, en matière de solidité, pour les structures composites de l’aéronautique : ils ont mis au point de nouvelles familles de béton à faible teneur en eau et possédant paradoxalement une plus grande fluidité avant la phase de durcissement. Ces nouveaux bétons dits « autoplaçants » commencent à révolutionner l’industrie du bâtiment. Ils coulent presque tout seuls, autorisant ainsi la fabrication d’une dalle sans qu’il soit nécessaire de recourir à des outils dont les fortes vibrations mécaniques et sonores sont nuisibles pour les personnels qui les utilisent. D’autres secteurs apparemment éloignés du génie civil bénéficient directement de telles avancées scientifiques. Celles-ci concernent, par exemple, l’amélioration des comportements de produits cosmétiques ou des peintures qui doivent, de façon contradictoire, couler pour pouvoir être étalés mais aussi ne pas couler pendant leur séchage
• Un cours de l'Université de Strasbourg sur les matériaux composites
• Une plaquette du Ministère de l'Economie, des finances et de l'industrie à télécharger (PDF)
• CD Rom Les matériaux (février 2003) Ce CD-Rom réalisé en février 2003 par la DiGITIP en partenariat avec UbiFrance est destiné à mieux faire connaître à l'étranger les atouts de l'industrie française dans ce secteur novateur. Édité en français et en anglais, il contient de nombreuses informations spécialisées et des liens dynamiques vers les sites Internet correspondants. Il fait suite à la brochure "Les matériaux" éditée en octobre 2000. Renseignements
• Institut de Recherche en Electrotechnique et Electronique de Nantes Atlantique
• Laboratoire de Génie des Matériaux et Procédés Associés
• Laboratoire Central des Ponts et chaussées
• L'ENSAM
• Département Matériaux - Institut Catholique d'Arts et Métiers
Il existe une grande variété de matériaux composites : à particules, à flocons, à fibres, laminés... Le bois est un composite naturel de fibres de cellulose, un polymère qui lui donne sa résistance mécanique, et de lignine, un autre polymère qui joue le rôle de liant.
© www.ohazar.comL a toxicité des matériaux est une préoccupation grandissante, en particulier depuis que l’amiante a été tenue pour responsable d’un nombre important d’affections pulmonaires et de cancers. L’incorporation de l’amiante à des matériaux permet de leur conférer une grande résistance au feu sans surcoût important, si bien que cette roche fibreuse a longtemps bénéficié d’un statut de produit-miracle et a été utilisée dans de nombreux secteurs industriels. Des relations entre l’exposition à l’amiante et la mortalité importante des travailleurs concernés ont été évoquées déjà dans les années 1900 mais les experts scientifiques ne semblent en avoir pris bonne mesure que depuis les années 60. Des lacunes politiques et juridiques en matière de sécurité sanitaire et l’influence de lobbies industriels ayant des intérêts dans l’usage de l’amiante ont sans doute empêché d’en maîtriser plus tôt les risques. C’est seulement en 1997 que l’usage de l’amiante a été interdit en France, contre l’avis de ses défenseurs soulignant l’absence de produits de substitution et les pertes d’emploi que cette interdiction devait entraîner. Or, connaître les dangers d’un produit et maîtriser les risques de son emploi sont deux choses différentes. De nombreux produits présentent des dangers avérés ; ce qu’il faudrait pouvoir déterminer, c’est quelles quantités, quelles durées d’exposition et quels modes d’utilisation ne sont pas acceptables. Quoi qu’il en soit, l’affaire de l’amiante et quelques autres problèmes sanitaires de grande envergure ont conduit à la création d’organismes nationaux, tels que l’INVS et l’Afsset (*), ayant pour mission de mieux prendre en compte les risques sanitaires et à en informer le public. Au niveau européen, la récente directive Reach impose une gestion des risques intégrée au cycle de vie des produits, de leur fabrication à leur destruction, afin d’en minimiser les dommages éventuels sur la santé et sur l’environnement. A présent, il revient aux entreprises la responsabilité de prouver l’innocuité de leurs produits. Cette nouvelle responsabilisation ne garantira pas pour autant une gestion des risques consensuelle et, face à cette difficulté supplémentaire, les entreprises devront s’appuyer sur des outils de « management de la qualité » et collaborer davantage avec la communauté scientifique afin d’utiliser des produits moins toxiques.
• Tout savoir sur l'amiante pour mieux s'en protéger, dossier de l'INRS
• Dossier de la Direction générale de la santé
• La nouvelle réglementation européenne sur les substances chimiques (REACH) : http://ec.europa.eu/enterprise/reach
• l'Institut de veille sanitaire
• l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail
• Le drame de l'amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l'avenir sur le site du Sénat
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