Vaccin : produit qui stimule les défenses naturelles (le système immunitaire) contre une infection quelconque. un vaccin contre un virus contient une protéine virale ou un virus dépourvu de ses capacités de multiplication.
PCR : (de l’anglais Polymerase Chain reaction, réaction en chaîne par l’enzyme ADN polymérase), technique de biologie moléculaire qui permet de multiplier in vitro quelques brins d’ADN particuliers (plusieurs millions de copies par heure) afin d’identifier les gènes correspondants et qui permet ainsi d’identifier des virus Peut-on en finir avec les virus ?
Antiviral : produit qui bloque la multiplication des virus dans les cellules
Pandémie : épidémie de grande échelle, qui peut toucher la planète entière
Virose : maladie provoquée par un virus.
Epidémie : propagation d’une maladie infectieuse par contagion au sein d’une population humaine.
Qu’est-ce qui vous a lancée dans la virologie ?
Berthe-Marie Imbert-Marcille : J’ai été séduite par l’idée de participer aux progrès de cette jeune discipline. Ses avancées ont été fulgurantes au début des années 90, grâce à la PCR. Cette technique d’identification par « amplification génique » a révolutionné les moyens de diagnostic et de lutte : sans elle, une fois écartée toute hypothèse d’infection bactérienne (ce qui nécessite un temps relativement long), on se basait surtout sur des symptômes ; à présent, on détecte rapidement l’origine virale d’une infection en identifiant les virus par leurs gènes. Grâce à l’héritage de Louis Pasteur au XIXe siècle et, plus récemment, de Charles Mérieux, la virologie est un point fort de la science française. Elle attire les étudiants en médecine et en biologie, bien que les virus continuent de faire peur. Le virus, qui signifie poison en latin, demeure une chose mystérieuse, associée à des maladies qui ont tué par millions et dont personne ne se sent à l’abri parce que les traitements efficaces sont encore peu nombreux.
Pourquoi ne trouve-t-on pas de vaccins contre tous les virus dangereux ?
B.-M. I.-M. : Même s’il était possible de neutraliser tous les virus connus qui nous rendent malades, il émergerait toujours de nouveaux virus et bactéries qui régulent les espèces en éliminant une partie des individus infectés. Ce phénomène est plus fréquent dans les populations qui vivent dans une grande promiscuité.
Non seulement il existe certainement une multitude de virus non encore identifiés mais surtout, comme les bactéries, la plupart des virus sont de nature variable. De ce fait, contrairement à ce qu’on a cru dans les années 1960 et 70, il est illusoire d’imaginer trouver un produit durablement efficace contre n’importe lequel d’entre eux. La mise au point d’un vaccin nécessite de grands moyens, notamment parce que les virus ne sont pas cultivables en laboratoire aussi facilement que les bactéries. C’est pourquoi les efforts sont réservés aux virus qui entraînent des maladies graves.
On se félicite aujourd’hui du nouveau vaccin contre les papillomavirus responsables de cancers du col de l’utérus, très efficace contre les 4 types de virus les plus fréquents parmi les 120 types actuellement connus. Si les 4 premiers disparaissaient, d’autres pourraient devenir dominants ; le problème est donc loin d’être réglé. La lutte contre les virus est faite de priorités constamment renouvelées.
Comment combattre les virus autrement qu’avec des vaccins ?
B.-M. I.-M. : On peut endiguer la multiplication des virus grâce à des substances antivirales. Or, non seulement l’efficacité des antiviraux est rarement durable, à cause de la variabilité des virus, mais encore la nature rudimentaire des virus, dont les constituants sont analogues aux éléments de base des cellules (protéines et acides nucléiques), rend difficile l’élaboration de produits capables de les neutraliser sans abîmer les cellules.
La chimie seule ne suffit pas à prévenir efficacement toute épidémie. Il est donc nécessaire de mieux connaître les mécanismes de contamination. La PCR a permis de montrer que les virus mortels récemment apparus, comme le virus Ebola en Afrique ou celui du Sras en Asie, proviennent d’animaux. Les nouvelles viroses humaines résultent souvent de contacts inédits avec des animaux ; plus généralement, perturber un équilibre naturel établi provoque des problèmes d’autant plus difficiles à gérer que le réservoir de virus n’est pas l’Homme lui-même. Mais plus un virus tue rapidement, moins le risque de pandémie est grand car il manque alors de cibles pour se reproduire. Le cas du virus Ebola en est un exemple flagrant. Face aux aléas de la nature et des comportements humains, l’hygiène qui évite de rentrer en contact avec les particules émises par les individus infectés demeure une prévention efficace. De grands progrès ont été faits en la matière depuis le XIXe siècle, surtout dans les pays occidentaux où la crainte de tomber malade conduit parfois à une utilisation excessive de produits antiseptiques.
Qu’est-ce qui nuit aux stratégies de prévention des épidémies ?
B.-M. I.-M. : Principalement des lacunes en matière d’éducation, de communication ou de financement. Par exemple, l’information sur les risques liés aux contacts avec les animaux est insuffisante, ou encore il s’avère difficile de convaincre toutes les populations du monde de modifier leurs usages en utilisant des préservatifs. Tous les vaccins mis sur le marché ont une efficacité remarquable et il est possible d’en diffuser rapidement des dizaines de millions de doses. Dans les pays riches, les rares problèmes de vaccination sont surtout liés au fait que plus un individu est âgé, plus les risques d’effets secondaires sont importants. Dans les ratés de la campagne de vaccination contre l’hépatite B évoqués en page 13, ce phénomène inévitable n’a pas été suffisamment souligné et il aurait fallu cibler les jeunes enfants davantage que les adolescents. Quant au financement des vaccins, leur mise au point est onéreuse mais, dès lors qu’ils sont disponibles, c’est surtout le manque de volonté politique qui pose problème et qui explique, par exemple, que la rougeole n’ait pas encore disparu d’Afrique.
• Principe de la PCR détaillé sur le site de l'Académie de Versailles
• La PCR - Animation en flash sur le site de l'ENS de Lyon
• Ecouter l'émission de radio sur le sujet Emission sur Radio PRUN' durant la Fête de la Science.
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