Epizootie : équivalent d’une épidémie chez une espèce animale
Réservoir : espèce-hôte permettant la survie d’un agent pathogène
Zoonose : maladie qui se transmet de l’animal à l’Homme et vice versa
Vecteur : animal (tique, puce, moustique...) qui acquiert un agent pathogène au contact d’une espèce-hôte et le transmet à une autre espèce
La modélisation mathématique est en plein essor pour mieux comprendre ce qui influence la propagation d’agents pathogènes au sein des populations animales et humaines. Elle permet dans le même temps de simuler l’effet d’actions visant à maîtriser une épidémie : vaccination, isolement des troupeaux, confinement des animaux…
Cette approche est très pluridisciplinaire : elle nécessite les savoirs de virologues et de vétérinaires pour bien tenir compte des effets du virus sur un hôte (par exemple, la durée de l’infection), des contacts entre les animaux et de la façon dont les troupeaux évoluent ; elle requiert la collaboration de mathématiciens et d’informaticiens pour mettre en oeuvre les modèles et les calculs.
Des observations sur le terrain permettent de construire et de valider de tels modèles. dans le cas de la diarrhée virale bovine, répandue dans le monde entier, des simulations montrent qu’après l’achat d’un seul animal porteur du virus, un troupeau peut rester infecté plusieurs années et que le virus persiste moins longtemps dans un troupeau si les animaux de classes d’âge différentes demeurent séparés. Elles indiquent, à l’échelle d’une région, les cas dans lesquels le virus se propage plutôt du fait de la proximité des troupeaux ou plutôt à cause du passage d’animaux d’un troupeau à l’autre par leur commerce.
Certains cas d’étude peuvent s’avérer particulièrement complexes. Par exemple, pour les maladies transmises par des insectes, il faut aussi représenter la dynamique des populations de tels vecteurs qui dépend notamment des conditions météorologiques
L’Homme peut contracter auprès des animaux qui l’entourent diverses maladies, appelées zoonoses, dont les plus graves, telle la rage, sont souvent d’origine virale.
Les obstacles dans la lutte contre les zoonoses virales résultent en premier lieu de la variabilité des gènes viraux et des rapports complexes que les virus entretiennent avec les différentes espèces animales qui leur servent de réservoirs ou de vecteurs. La pandémie de grippe « espagnole », qui a tué plus de 20 millions de personnes entre 1918 et 1920, était due aux transformations successives d’un virus aviaire (spécifique des oiseaux) aboutissant à un virus adapté à l’Homme et contre lequel ce dernier était dépourvu d’immunité.
L’adaptation d’un virus d’une espèce à une autre ne résulte pas seulement de mutations mais aussi de réassortiments : lorsque deux virus différents infectent une même cellule, certains de leurs gènes peuvent se mélanger pour former un virus d’un type nouveau. Les virus responsables des pandémies grippales de 1957 et de 1968 proviennent de réassortiments d’un virus aviaire avec un virus humain chez l’Homme ou chez le Porc.
Ces précédentes pandémies font du H5N1, responsable depuis 2003 d’une mortalité importante dans les élevages de volailles d’Asie du Sud-Est, un virus étroitement surveillé. Cependant, pour de nombreux virus, les facteurs de changement de virulence ou de franchissement d’une barrière d’espèces (l’adaptation des protéines virales aux récepteurs cellulaires d’une autre espèce) sont encore mal connus. Notre équipe étudie plus particulièrement les risques de tels franchissements chez les Calicivirus (voir la rubrique "Virus et évolution" ).
La croissance et la mondialisation du commerce d’animaux augmentent les risques de diffusion de nouvelles maladies. Elles nécessitent des mesures onéreuses d’évaluation, de prévention et de lutte concertées entre les états. La convergence de telles mesures progresse, non sans difficulté. Par exemple, l’apparition d’un foyer de fièvre aphteuse conduit aujourd’hui, en Europe, à l’abattage systématique de tout troupeau, même si un seul animal est infecté ; d’autres états s’en tiennent à des vaccinations qui visent à minimiser les pertes dans les élevages mais qui ne lèvent pas toutes les inquiétudes et peuvent empêcher l’exportation des animaux concernés.
• Le point sur les zoonoses par le Ministère de la Santé.
• Le site interministériel de préparation à un risque de pandémie grippale
• Un dossier du CNRS avec des fiches par maladie, en pdf
Têtes chercheuses ©2007 |
mentions légales |
contactez nous |
page d'accueil |
Réalisation : Intelliance 2007