Le virus de l’hépatite C (VHC) est, comme le VIH, transmissible par le sang. Il tue environ 4 000 personnes par an, en France, par cirrhose ou par cancer du foie.
Comme tous les autres virus à ARN, le VHC est variable. Tandis qu’il existe un mécanisme de correction d’erreur dans la réplication (la copie en multiples exemplaires) de l’ADN, l’enzyme virale qui duplique l’ARN du virus fait souvent des erreurs de copie, en moyenne près de 2 sur les quelques 10 000 « bases » (des molécules nommées adénine, cytosine, guanine et uracile) que compte un brin d’ARN viral. Plus de 1 000 milliards de duplications étant effectuées chaque jour chez un individu infecté, l’éventail de mutations possibles d’un seul virus est immense et il coexiste de nombreux variants chez un même malade, des « quasi-espèces » particulières à cet individu. Les variants ne sont pas tous équivalents. Une mutation peut empêcher la réplication ; le variant va alors disparaître. Inversement, une mutation confère un avantage au variant lorsque les anticorps de l’individu (voir la rubrique "Virus et vaccins") ne le reconnaissent plus : il se répliquera d’autant plus facilement. ce processus sélectif fait sans cesse apparaître de nouveaux variants au sein de la population qui échappent à l’immunité ou à l’action des médicaments antiviraux existants. afin d’adapter ces antiviraux, nous suivons les mutations du VHC en tâchant de déterminer de quels effets pathogènes observés les nouveaux gènes sont responsables.
Les mutations concernent également les protéines de l’enveloppe du virus qui ciblent des récepteurs cellulaires particuliers. Quelques modifications suffisent pour qu’un virus puisse changer de cible. Il peut ainsi infecter un autre organe ou même une autre espèce animale. En l’occurrence, le VHC infecte le foie mais nous avons démontré que certains variants sont aussi capables d’infecter les cellules immunitaires.
Le VIH, virus de l’immunodéficience humaine découvert en 1983, est un rétrovirus (voir la rubrique "Virologie descriptive") ayant pour cibles les lymphocytes T4, cellules immunitaires qui défendent l’organisme contre les corps étrangers. Il provient d’une mutation du VIS, virus de l’immunodéficience simiesque qui a sans doute atteint l’Homme par contact sanguin lors de chasses aux singes en Afrique. L’épidémie de Sida dont il est responsable touche aujourd’hui plus de 40 millions de personnes dans le monde.
L’élaboration d’un vaccin contre le VIH s’est avérée beaucoup plus problématique qu’on ne l’avait imaginé. En effet, aucune stratégie vaccinale classique ne semble pouvoir aboutir : les virus vivants atténués (voir page 13) demeurent dangereux pour les cellules immunitaires et les virus inactivés ne confèrent pas à celles-ci une réactivité efficace face aux variations incessantes du VIH.
Un autre constat corrobore cette difficulté : 100% des personnes infectées par le VIH développent une infection chronique tandis que les virus contre lesquels des vaccins efficaces ont été mis au point sont éliminés naturellement par une partie des individus infectés. Une fois qu’il a investi l’organisme, le VIH y reste et finit toujours par gagner contre le système immunitaire. D’autres moyens de lutte contre l’épidémie de Sida sont donc explorés.
A l’exemple de la trithérapie, une première voie consiste à développer des antiviraux qui empêchent la réplication des gènes viraux et leur intégration au noyau des lymphocytes mais dont l’efficacité est, tôt ou tard, amoindrie par la variabilité de ces gènes.
Une deuxième approche tente de mettre au point de nouveaux types de vaccins capables d’améliorer la réponse immunitaire contre le VIH. Il s’agit notamment de produits synthétisés par génie génétique à partir de virus atténués déjà efficaces contre d’autres virus, tel le vaccin contre la rougeole, ou basés sur des lipopeptides du VIH, molécules composées de fragments de protéines de ce virus. Le CHU de Nantes participe actuellement à des essais en ce sens.
On cherche aussi à régénérer les fonctions immunitaires des lymphocytes détériorées par le VIH. L’élaboration d’une thérapie génique (voir la rubrique "Virus et thérapie génique") est une piste à creuser mais l’emploi de facteurs de croissance appelés interleukines semble plus prometteur à moyen terme, en complément des traitements antiviraux.
Avant l’éventuel aboutissement de ces nouvelles technologies, la prévention de la contagion par les préservatifs restera la seule arme fiable contre le Sida pendant de longues années encore.
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