Les végétaux ont leur propre cortège de virus. ces derniers ne sont pas capables d’infecter les animaux mais ils peuvent être transportés et transmis aux plantes par des arthropodes. L’infection d’une plante saine par un virus ne procède pas de la même façon que chez les animaux. Elle ne se produit que lorsque la paroi de l’une de ses cellules est rompue, ce qui arrive souvent lorsqu’un insecte la blesse pour s’en nourrir. Par exemple, la tomate est la cible de différents types de virus dont le Tomato yellow Leaf curl Virus, un virus à ADN transmis par une mouche blanche des régions méditerranéennes, Bemisia tabaci. L’expression de symptômes tels que l’enroulement des feuilles et des avortements floraux provoque d’importantes pertes dans les cultures de tomates. Par ailleurs, les plantes sont dépourvues de système immunitaire adaptatif. En conséquence, leurs moyens de défense contre les virus sont très limités et elles ne peuvent être vaccinées. aussi, après une analyse en laboratoire permettant de déterminer le virus contaminant, des mesures d’éradication ou de prévention sont-elles préconisées par les services de la protection des végétaux en charge de la surveillance phytosanitaire du territoire : l’arrachage systématique des plants infectés, la désinfection des équipements de production, la rotation des cultures, le contrôle de produits en provenance de pays tiers, la lutte contre les insectes vecteurs… de telles mesures ont une efficacité limitée notamment parce que l’évolution des populations d’arthropodes, très dépendante des variations climatiques, est généralement difficile à maîtriser. Elles sont néanmoins indispensables pour maintenir une large diversité d’espèces cultivées. Lorsque l’éradication d’un virus pathogène s’avère très problématique, la recherche d’une nouvelle variété cultivée plus tolérante ou résistante (qui ne se laisse pas contaminer) à ce virus est mise en oeuvre
© Jacques Clavreul, http://jacques.clavreul.free.frIls ont pour noms amaril, dengue, West Nile, vallée du Rift, chikungunya… Ces arbovirus (pour Arthropod Borne Virus : virus transportés par des arthropodes, c’est-à-dire des invertébrés à squelette externe : insectes, arachnides...) propagent de nouvelles maladies qui sont de moins en moins cantonnées aux pays tropicaux.
La dengue est l’une des plus inquiétantes de ces maladies. Ses formes hémorragiques entraînent de nombreux décès (plusieurs milliers, chaque année, en Thaïlande) et elle fait l’objet d’un phénomène encore mal élucidé, dit d’anticorps facilitants, par lequel une première infection rend un individu plus vulnérable à une infection ultérieure.
L’inquiétude porte aussi sur la rapidité de leur propagation parmi des populations humaines « naïves » qui n’ont jamais rencontré le virus. Par exemple, le West Nile, introduit aux USA en 1999, s’est répandu à l’ensemble du continent américain en quelques années. La multiplication des voyages intercontinentaux est un accélérateur efficace de diffusion d’épidémies.
L’émergence de ces maladies possède d’autres facteurs liés aux activités humaines. Outre la prolifération de certains insectes favorisée par le réchauffement climatique, la conquête de nouveaux territoires, notamment après une déforestation, met en contact l’Homme et ses animaux domestiques avec des espèces vectrices qu’ils n’ont pas l’habitude de côtoyer et portant des virus contre lesquels ils n’ont pas d’immunité. Contrairement aux anophèles, moustiques vecteurs du paludisme, les moustiques des arboviroses ( aedes et culex) ont une activité diurne qui facilite leur contact avec l’Homme ; ils s’adaptent bien au milieu urbain riche en détritus creux (pneus, bidons…) dans lesquels l’eau stagnante est propice au développement des larves. L’aedes « tigre » ( Aedes albopictus), vecteur de la dengue d’origine japonaise, est en train de « conquérir » le monde via le commerce des pneus.
Il existe aujourd’hui peu de vaccins contre les arboviroses. Le vaccin contre la fièvre jaune fait un peu figure d’exception. La variabilité de la dengue pose problème mais les pays les plus touchés tels que la Thaïlande et Cuba ne sont plus seuls à la pointe des recherches : les pays du Nord, à leur tour menacés, investissent des moyens croissants non seulement pour trouver un vaccin mais aussi pour mieux connaître les moustiques et pour lutter contre leur prolifération. En France, les EID (Ententes interdépartementales de démoustication) veillent contre l’introduction d’espèces dangereuses, en lien avec l’INVS (Institut national de veille sanitaire), et surveillent particulièrement les importations de pneus recyclés et de plantes exotiques comme la canne de Chine ( Dracaena sanderana)
Nota bene : les vecteurs ici évoqués sont à distinguer des vecteurs viraux mentionnés en page 15.
• L'institut de veille sanitaire, établissement public de surveillance de la santé de la population
• Service public de démoustication spécialisé dans la lutte contre les moustiques en zones humides et urbaines
• Dans le cadre de ses missions d'information, L'EID Atlantique propose des outils pédagogiques
• Observatoire de surveillance de la Réunion sur la grippe, la dengue, le Chikunguya
• Données de l'OMS sur la Dengue (en anglais)
Aedes est un moustique qui existe en plusieurs sous-espèces qui propagent le chikungunya, la dengue, la fièvre jaune, le West Nile Virus… responsables chaque année de centaines de millions de malades dans le monde.
Le séquençage complet du génome d’Aedes aegypti a été publié dans la revue américaine Science du 22 juin 2007. L’identification des gènes codant pour toutes les protéines du moustique va fournir de nouvelles connaissances sur sa reproduction, son sens de l’odorat (qui le dirige vers l’homme de préférence aux autres animaux), sa capacité à héberger certains virus et pas les autres, son immunité (sa capacité à porter les virus sans être lui-même malade), sa résistance aux insecticides etc.
Certaines protéines impliquées dans ces processus vont pouvoir être ciblées chimiquement (insecticides plus efficaces, plus spécifiques et moins polluants…) ou biologiquement (espèces modifiées génétiquement pour concurrencer les espèces sauvages) afin de limiter la prolifération et la dangerosité des moustiques Aedes.
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