Un vaccin peut être réalisé à partir de virus originaux dépourvus de gènes pathogènes après leur multiplication dans des cellules vivantes telles que des œufs. Au contact des protéines du vaccin introduit dans l’organisme, les lymphocytes du système immunitaire produisent de nouveaux anticorps qui neutraliseront les virus similaires lors d’une intrusion ultérieure.
© iStockphoto / Andreas RehTout animal dispose d’un double système de défense contre les corps étrangers : l’immunité innée, assurée par des cellules dites macrophages, et l’immunité acquise, adaptative, dont les principaux acteurs sont les lymphocytes B et T. Ces cellules acquièrent durablement, au contact d’un intrus, la capacité de produire des anticorps spécifiques lorsqu’elles rencontreront ultérieurement ce même intrus. L’immunité acquise a été exploitée par le médecin anglais Edward Jenner dès 1796, plus d’un siècle avant que les virus soient connus. On avait alors constaté que les survivants de la variole étaient préservés de nouvelles infections. à cette époque sévissait aussi une maladie bovine, proche de la variole et transmissible à l’Homme mais bénigne comparée à la variole humaine. Jenner remarqua que les femmes qui trayaient les vaches étaient rarement atteintes par la variole. Il eut alors l’idée d’injecter chez des enfants, afin de les protéger, le contenu de pustules de vachères contaminées par la variole bovine. Ce fut un succès. Quelques années plus tard, Napoléon Bonaparte organisa des campagnes de vaccination qui préservèrent de nombreux soldats et dont les principes ont été ensuite appliqués à d’autres maladies, telles que la rage grâce à Louis Pasteur en 1885.
Ce sont les protéines du virus qui provoquent la réaction immunitaire. Les vaccins classiques sont issus de virus originaux : des virus inactivés, dont le pouvoir infectieux est supprimé grâce à des produits chimiques ou par des rayons UV, ou des virus atténués dont les composants s’altèrent et perdent leur pouvoir infectieux lorsqu’on les cultive dans des cellules vivantes. Une telle culture n’est pas toujours possible mais le génie génétique permet aujourd’hui de synthétiser des protéines vaccinales à partir de gènes viraux.
Contre certains virus, une seule vaccination peut être définitivement efficace, tandis que d’autres virus subissent des mutations qui conduisent, lorsque c’est possible, à modifier le vaccin. C’est pourquoi la vaccination contre la grippe est renouvelée chaque année.
La généralisation des vaccinations au XXe siècle a fait amplement régresser la mortalité infantile due aux infections virales. La variole a ainsi été éradiquée dans les années 1980, des stocks de vaccins étant toutefois conservés en cas de résurgence. La poliomyélite a quasiment disparu de la planète et la rougeole ne fait plus de ravages dans les pays en voie de développement, où d’autres épidémies virales pourraient être également stoppées mais où les moyens financiers manquent ou sont détournés à d’autres fins.
Malgré ces succès, les campagnes vaccinales rencontrent des réticences. Pour certains mouvements idéologiques, mieux vaut « laisser faire la nature ». Il arrive aussi que de graves mais rarissimes effets secondaires ou quelques coïncidences entre vaccination et maladies entraînent des suspicions excessives sur l’innocuité des vaccins. Par exemple, en 1998, le vaccin contre l’hépatite B a été suspendu en France après quelques cas de sclérose en plaque. Bien que les études cliniques ultérieures aient écarté tout lien entre le vaccin et cette maladie, la méfiance demeure et la proportion d’enfants vaccinés reste, en France, très en deçà de la moyenne européenne.
La commercialisation récente du vaccin contre les papillomavirus humains, principale cause des cancers du col de l’utérus, devrait réconcilier le public français avec la vaccination. Il s’agit du deuxième vaccin contre un cancer après le vaccin contre l’hépatite B.
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