Glossaire

blog : site Internet personnel comportant généralement un forum

forum : interface permettant de communiquer par écrit, de façon asynchrone (avec délai) avec plusieurs interlocuteurs distants

chat : interface permettant de dialoguer par écrit, de façon synchrone (sans délai, en temps réel) avec un interlocuteur distant

hypermédia : logiciel qui permet d’accéder, par Internet, à des documents multimédias (textes, images, sons, vidéos...)

interactif : dont le comportement dépend d’actions effectuées par l’utilisateur, comme la sélection d’un item avec la souris ou la saisie d’un texte au clavier

wiki : site de ressources mis à jour par les utilisateurs eux-mêmes

Mieux chater grâce à Oscar

Pierre Tchounikine
Fenêtre de discussion du logiciel Oscar ©lium

Oscar est un logiciel de communication via Internet qui fonctionne en chat ou en forum. Développé et testé à l’Université du Maine, il est utilisable par des élèves de tous niveaux. Lorsqu’un interlocuteur A lance un premier message, il doit d’abord indiquer, par une sélection dans une liste, s’il s’agit d’une nouvelle proposition ou d’une question. Il saisit ensuite son message qui est affiché dans la discussion avec une icône spécifique du type qui lui a été assigné. Lorsqu’un interlocuteur B veut répondre à un message, il doit d’abord le sélectionner. Oscar lui propose alors différents types d’intervention possibles : une réponse, une autre question, ou encore une réponse lui permettant d’approuver ou de désapprouver. Puis ce nouveau message est affiché dans la discussion en étant relié par un trait au message auquel il répond. Cette structuration de la communication, avec des icônes, des liens et une indentation des textes, évite le problème de visualisation chronologique des chats standard où l’accumulation des messages en début ou en fin de liste rend la discussion difficile à suivre. Elle facilite la perception des éléments importants dans le fil de la discussion, tant pour les élèves que pour l’enseignant qui peut intervenir à tout moment. Elle incite à réfléchir sur sa posture ou sur son intention avant d’intervenir dans une discussion

En complément...

Oscar est téléchargeable ici

Cas clinique sur le web

Françoise Galland

Le « Cas clinique » fait partie d’un projet « d’université numérique thématique » développé à l’Université d’Angers. Il va permettre à des étudiants en pharmacie de revoir leurs cours en ligne et de travailler seuls ou en groupes sur des cas cliniques, tels que la pathologie intestinale d’un patient et la problématique de son traitement. Il s’agit d’un logiciel accessible sur Internet comportant des documents multimédias, des liens sur des sites, un forum et des activités pédagogiques interactives : exercices illustrés, questionnaires à trous ou à choix multiples évalués avec des scores... Il est conçu pour être édité et mis à jour facilement par les enseignants, grâce à des outils de structuration et d’alimentation automatiques des contenus. Cette nouvelle approche, concrète, ludique et transdisciplinaire (physiologie, chimie, biologie…) est conçue pour favoriser la motivation et la réflexion des étudiants, en parallèle de l’enseignement universitaire traditionnel, encore très monodisciplinaire. Elle répond au besoin de se confronter à des exemples concrets et réalistes. L’intégration de tels cas dans une problématique générale favorise aussi l’esprit d’analyse, de collaboration, de synthèse et la capacité à rechercher les informations appropriées pour apporter une solution pertinente à chaque problème posé

© Fotolia / Lidiya Drabchuk (pictogrammes) ; SXC / Elena Buetler

Des cours en podcasts

Mallette Classmobil du CNAM ©Cnam
François Calvez, directeur du service Technologies numériques pour la connaissance, Cnam des Pays de la Loire

Le Conservatoire national des arts et métiers des Pays de la Loire et le centre de recherche du Cnam (le Céante, Centre d’études et d’applications des nouvelles technologies éducatives) ont mis au point le « studio de cours », un système innovant qui profite des nouvelles possibilités d’échange de données à haut débit. Il s’agit d’une salle équipée de matériels informatiques, audio et vidéo, qui permet d’intégrer aisément plusieurs technologies multimédias pour enregistrer un cours comme sur un plateau de télévision, en présence d’élèves ou non. L’enseignant dispose de petits microphones, d’un jeu de caméras et d’un banc titre (un rétroprojecteur équipé d’une caméra). Il communique l’image affichée sur son ordinateur via un tableau numérique interactif (TNI) sur lequel il peut virtuellement écrire et présenter tout type de documents. Des élèves distants écrivent leurs questions en direct, par Internet. La séance est enregistrée sur un site, dans un fichier audiovisuel, pour être visionnée en différé (principe du podcasting). Des matériels analogues peuvent être embarqués dans une valise de 10 kilos, le ClassMobil. Celle-ci comporte également une équerre à ventouse qui, une fois fixée sur un mur, au bord de l’image projetée, détecte les mouvements d’un marqueur sans encre et doté d’un émetteur, transformant ainsi ce mur en TNI. Un professeur peut alors dispenser un cours depuis n’importe quelle salle équipée d’une connexion à Internet. Cette technologie remplit deux conditions pour être acceptée par les enseignants : la simplicité d’utilisation et une plus-value pédagogique, ici assurée par la possibilité de produire rapidement des contenus, de les rendre facilement et durablement accessibles, de réaliser des présentations dynamiques et diversifiées, d’enrichir les cours avec des témoignages d’experts enregistrés sur leurs lieux de travail... Il demeure toutefois nécessaire d’accompagner les enseignants à l’intégration de ces outils dans leur pédagogie. Des applications sont en cours de développement dans d’autres domaines, tels que la diffusion de conférences de culture scientifique et technique pour le grand public ou comme le dispositif régional Studio Santé destiné à former davantage de professionnels de santé, par exemple à la gestion des risques de pandémie grippale, en évitant aux formateurs et à ces professionnels de se déplacer dans des salles de cours

DOSSIER
Des machines à apprendre

Apprendre en ligne

Des clics à l'Université

L’usage des TIC dans l’enseignement supérieur doit faciliter le travail et la vie des étudiants. Il change moins le contenu des formations que les activités de leurs acteurs.
Françoise Galland, directrice du Stic, Service des technologies de l’information et de la communication, Université d’Angers. www.univ-angers.fr/accueillcomp.asp?ID=16
© Fotolia / Slawomir Jastrzebski

Une adaptation délicate

En 2002, l’Université d’Angers s’est demandée si elle devait supprimer, comme l’avaient fait d’autres universités françaises, sa formation à la capacité en droit (une formation juridique de base qui donne accès à la licence de droit). Le nombre d’inscrits était si faible et le taux d’abandon si important que la question paraissait légitime. Le fait que l’obtention de ce diplôme, comme celle du DAEU (Diplôme d’accès aux études universitaires), permette d’intégrer l’université sans avoir le bac rendait cependant délicate cette décision. Ce diplôme a retrouvé son public grâce à Internet, dans le cadre de l’Université virtuelle en Pays de la Loire. La formation a été complètement transformée pour alterner des séances classiques, en présence d’enseignants, et un travail individuel en ligne, suivi à distance par un tuteur dans le but de minimiser les difficultés liées au manque d’autonomie des élèves, à leur isolement et à leur appropriation des outils informatiques. De tels changements ont demandé maints efforts de la part des ingénieurs pédagogiques et des enseignants pour concevoir le logiciel, déterminer ses contenus, produire de nouveaux supports papier (il s’avère que l’apprentissage s’en passe difficilement), apprendre à doser leurs interventions dans l’accompagnement des élèves à distance, notamment sur les forums... En retour, le travail accompli leur a donné de l’expérience et une bonne vision de l’apport des TIC à la pédagogie.

De nombreux bénéfices

Utiliser les TIC donne de l’autonomie. Apprendre à travailler en groupe, par exemple dans un forum, ou s’exercer à trouver rapidement une information dans un environnement informatique, c’est se préparer à des situations professionnelles de plus en plus répandues dans l’entreprise. Les formations à distance permettent à l’université de mieux répondre à de nouveaux besoins, comme celui d’une gestion plus souple du temps de travail éprouvé par les nombreux étudiants qui ont un job pour financer leurs études ou par les professionnels qui, du fait de l’évolution rapide des savoirs, ont un besoin croissant de formation continue. Elles offrent en outre la possibilité de bénéficier d’un enseignement davantage personnalisé, qui est de plus en plus appréciée à une époque où les effectifs et le nombre de situations d’échec augmentent et à laquelle l’enseignement universitaire traditionnel (cours magistraux, travaux dirigés et travaux pratiques) ne saurait pourvoir. Les étudiants en formation initiale peuvent ainsi aller plus à leur rythme, accéder à des remises à niveau ou, au contraire, approfondir certains points. La collaboration des enseignants, nécessaire pour bien gérer les ressources mises en ligne, tend a fortiori à décloisonner les disciplines et, en conséquence, à élargir l’horizon des étudiants.

Des interfaces à peaufiner

Les nouvelles technologies « web » sont propices à la réalisation d’outils de communication puissants dont l’efficacité pédagogique reste à élaborer.
Pierre Tchounikine, directeur du Lium, Laboratoire d’informatique de l’Université du Maine. www-lium.univ-lemans.fr
© Sylvie Dessert

Favoriser l’action et la collaboration

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) permettent de créer et de diffuser des ressources pédagogiques interactives via des hypermédias. Or, s’il suffisait de rendre disponibles ces ressources pour que les élèves apprennent, les enseignants auraient été remplacés par des bibliothèques depuis longtemps ! Les nouvelles TIC qui concernent Internet s’avèrent très pratiques pour réaliser des supports de formation impliquant plusieurs acteurs distants les uns des autres. Les outils de développement informatiques de génération Web 2.0 permettent en effet de construire et de personnaliser aisément des sites qui intègrent chats, forums, blogs et autres wikis. Les enseignants peuvent les exploiter pour créer des situations où les élèves doivent travailler en équipe, par exemple afin de produire un document ou un site web. Ce type de travail en collaboration est particulièrement formateur pour expliciter et formaliser ses idées, comprendre celles des autres, argumenter sur ses choix et négocier en vue d’un résultat consensuel. Les recherches sur les environnements informatiques pour l’apprentissage (EIAH) visent non seulement à permettre de créer, d’agencer et de partager des ressources mais aussi et surtout à comprendre comment utiliser l’informatique pour inciter les élèves à se poser des questions, à agir et, ce faisant, à apprendre. à cette fin, programmer des interfaces bien lisibles, avec des images et des couleurs attrayantes ne suffit pas : il faut aussi mettre au point une structure et un enchaînement d’éléments graphiques (textes, menus, icônes, zones de saisie...) qui facilitent la compréhension et l’efficacité de l’action.

Un design pluridisciplinaire

Ces recherches requièrent la collaboration de spécialistes des technologies concernées et d’experts en pédagogie (pour définir les objectifs et évaluer l’efficacité du logiciel), en informatique (pour déterminer et développer les fonctionnalités du logiciel) ainsi qu’en psychologie (pour analyser les comportements des utilisateurs). Elles peuvent avoir différents types de points de départ : une situation pédagogique classique, comme la construction d’un exposé par des élèves en classe, qu’on essaie de transposer à une situation où ils travaillent à distance les uns des autres, via Internet, ou encore une situation inédite, telle que l’exploration de phénomènes physiques irréalisable en travaux pratiques mais rendue possible au moyen d’une nouvelle technologie de réalité virtuelle ou augmentée (voir les articles sur la réalité virtuelle et la réalité augmentée). S’agissant des bénéfices pédagogiques de ces outils informatiques ou de la façon dont les élèves et les enseignants s’en servent, deux stratégies permettent de réduire l’écart souvent important entre ce qui a été initialement envisagé et ce qu’on observe en pratique. La première consiste à programmer une première version du logiciel, à la tester avec des élèves, à l’améliorer et à recommencer jusqu’à obtenir satisfaction. On parle alors de conception itérative. La seconde, dite participative, implique les futurs utilisateurs dès la phase de conception. Faire en sorte que les logiciels créés soient effectivement utilisés constitue une autre difficulté. Leur diffusion sous forme de « logiciels libres » sur Internet devrait y aider, en permettant aux enseignants de les conformer à leurs propres besoins, pourvu que les concepteurs de ces outils les aient rendus fiables et facilement adaptables.

En complément...

Accompagner l’apprentissage d’une langue à distance

Philippe Teutsch et Jean-François Bourdet, Maîtres de conférences et chercheurs au Lium, Laboratoire d’informatique de l’Université du Maine. www-lium.univ-lemans.fr
Interface « Élève » : accès aux ressources d’apprentissage Croisières ©lium

Le risque de démotivation que peut provoquer une situation d'isolement chez un élève en formation à distance doit être géré par un travail d'accompagnement spécifique de l'enseignant. Un logiciel bien conçu peut assister l'enseignant dans cette tâche. Notre projet de recherche nommé Croisières est consacré à la conception d’un dispositif d’apprentissage à distance du français. Destiné à des étudiants non-francophones, il comporte 24 modules d’activités de types compréhension écrite ou orale (avec des exercices basés sur des documents textuels et audio-visuels), expression et communication (avec textes à produire). Cette conception modulaire facilite la définition d’un plan de formation pour chaque élève. La capacité à communiquer est particulièrement importante dans une formation linguistique. C’est pourquoi nous avons inclus un forum de discussions entre les utilisateurs, en complément d’une messagerie permettant à chaque étudiant de dialoguer avec son tuteur. La participation aux discussions est favorisée par un thème « Société » qui propose aux élèves d'échanger sur leurs cultures et sur leurs habitudes de vie. Le tuteur, quant à lui, a besoin d’informations sur la situation de sa « classe » afin d’intervenir efficacement et d’entretenir la motivation de chaque élève. Le logiciel, en cours d’expérimentation, dispose à cette fin d’interfaces qui lui donnent une vue globale des modules effectués, un inventaire des contributions à évaluer et des difficultés rencontrées, ainsi que le détail des productions et des progressions individuelles : exercices réalisés, interventions dans le forum, etc. Ces interfaces dédiées permettent aux enseignants de gagner du temps sur la perception des situations individuelles. Le dispositif permet ainsi à chaque élève de progresser à son rythme et de bénéficier d’un accompagnement personnalisé, deux possibilités rares dans les formations classiques.

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