Glossaire

métabolisme : ensemble des transformations physicochimiques réalisées dans les tissus de l’organisme vivant

diabète : déficience du métabolisme, source de pathologies diverses et souvent graves si elles ne sont pas soignées. Les deux formes principales sont le diabète de type 1 (près de 10 % des cas), dû à un arrêt brutal de la production d’insuline, et le diabète de type 2 (90 %), qui découle d’une résistance des tissus à l’action de l’insuline puis d’une « fatigue » du pancréas.

insuline : hormone sécrétée et libérée dans le sang par le pancréas. Captée par les cellules, elle permet à celles-ci de stocker le glucose et les lipides sous forme de triglycérides.

Un plan pour la santé

Le PNNS, Plan national Nutrition Santé, est un programme d’état lancé en 2001 et renouvelé en 2006. Il vise à réduire et à mieux prendre en charge les pathologies liées à l’alimentation. à cette fin, il livre des recommandations(1) non seulement sur le mode de vie (une activité physique quotidienne : au minimum, 45 minutes de marche) mais aussi et surtout sur des aspects nutritionnels : une alimentation riche en légumes, en grains entiers (non raffinés) et limitée en graisses, surtout d’origine animale ; une consommation variée d’au moins 5 fruits et légumes sur l’ensemble des trois principaux repas ; des apports limités en sel (moins de 6 grammes par jour) ; une consommation d’alcool très modérée, etc. Ces recommandations, rédigées par un groupe d’experts, sont largement fondées sur un rapport(2) publié en 2000 par d’autres experts, le Haut comité pour la santé publique, et qui rassemble des résultats d’enquêtes épidémiologiques. C’est principalement la mise en relation des statistiques portant sur les modes de vie et les aliments consommés avec celles portant sur les pathologies qui ont permis de quantifier les recommandations.

(1)Recommandations du Plan National

(2)Rapport publié en 2000

Surpoids, obésité et syndrome métabolique

La définition du syndrome métabolique varie quelque peu selon les pays ou les organismes de santé. Selon celle qui a été formulée en 2001 par le groupe de travail américain National Cholesterol Education Program, aujourd’hui acceptée largement, il y a syndrome métabolique lorsqu’au moins trois des facteurs de risque suivants sont présents :

• surpoids ou obésité, surtout l’obésité abdominale (excès de tissu gras au niveau des viscères), déterminée par le tour de la taille d’un individu : supérieur à 88 cm chez les femmes, à 102 cm chez les hommes ;

• hypertension artérielle supérieure à 130 mm Hg / 85 mm Hg ;

• taux de triglycérides sanguins à jeun supérieur à 1,5 g/l ;

• taux de cholestérol HDL (le « bon » cholestérol) inférieur à 0,4 g/l chez les hommes, à 0,5 g/l chez les femmes ;

• glycémie à jeun supérieure à 1 g/l.

Le surpoids et l’obésité sont habituellement mesurés par l’IMC, l’indice de masse corporelle, qui vaut la masse P (en kilos) divisée par le carré de la taille T (en mètres) : IMC = P / T 2. Un adulte est considéré en surpoids si IMC > 25 kg m-2, obèse si IMC > 30 kg m-2

DOSSIER
Bien manger

Endocrinologie et oncologie

Graisses dans le collimateur

Il est aujourd’hui établi qu’une alimentation trop riche est source de diabète et même de cancers, mais il reste à mieux comprendre pourquoi.
par Pierre-Henri DUCLUZEAU, Maître de conférences à l’Université d’Angers, responsable de l’unité de diabétologie (département Endocrinologie-diabétologie-nutrition) du CHU d’Angers et chercheur à l’UMR «Mitochondrie et régulation hormonale» (Inserm/Université d’Angers). http://www.univ-angers.fr/laboratoire.asp?ID=5&langue=1

Le syndrome métabolique (SM) n’est pas une maladie spécifique, mais désigne plutôt une série de problèmes induits par un métabolisme anormal : teneurs élevées en glucides (hyperglycémie) et en lipides dans le sang, hypertension artérielle, stockage excessif de graisses viscérales (au niveau de l’abdomen). Il constitue un stade précoce de plusieurs maladies graves, comme le diabète de type 2, les troubles cardiovasculaires (infarctus) et les accidents vasculaires cérébraux.

En guerre contre le syndrome métabolique

Bien qu’il existe des prédispositions génétiques héréditaires, la grande majorité des cas de SM est liée à un style de vie sédentaire et à un mauvais équilibre alimentaire, notamment une alimentation trop riche en acides gras saturés d’origine animale qui favorisent le diabète de type 2. Le SM est surtout présent chez les personnes de plus de 50 ans mais il concerne de plus en plus de jeunes adultes, surtout en Occident. On estime qu’un Américain adulte sur quatre en est atteint, et un sur six en Europe. Certains experts estiment qu’il dépassera bientôt le tabagisme comme première cause de maladies cardiovasculaires. Le principal moyen de prévenir le SM est de réduire les excès d’apport énergétique, notamment en diminuant la part des lipides au profit des fibres alimentaires. Il ne s’agit pas de faire un régime mais de rééquilibrer l’alimentation et le mode de vie sur le long terme, selon les recommandations du PNNS (lire ci-contre "Un plan pour la santé").

Le développement du SM s’accompagne le plus souvent d’un défaut d’oxydation normale des acides gras dans le foie, conduisant à une accumulation de triglycérides (des graisses), et de l’apparition d’une insulinorésistance (perte de sensibilité à l’action de l’insuline). Les mécanismes à l’origine de l’insulinorésistance sont encore mal connus mais des recherches récentes laissent à penser que le dysfonctionnement des mitochondries pourrait y participer.

Une mitochondrie à mieux connaître

Les mitochondries sont des organites, de la taille des bactéries, présents dans toutes les cellules eucaryotes où elles « oxydent » les nutriments primaires (glucose et acides gras, essentiellement), à l’aide du dioxygène que nous respirons, pour former l’adénosine triphosphate (ATP), le carburant indispensable à toutes les activités cellulaires (croissance, synthèse de molécules diverses, activités physiques ou cérébrales). Ce processus d’oxydation n’est pas complètement « propre » : il génère des sous-produits toxiques regroupés sous le terme de ROS (reactive oxygen species). Ces ROS attaquent les molécules qui les entourent, et en premier lieu les protéines des membranes des mitochondries ellesmêmes, contribuant à la perte de leurs fonctions.

Il est possible que l’excès de nourriture conduise les mitochondries à produire beaucoup de ROS, ce qui, petit à petit, altérerait les fonctions mitochondriales et empêcherait ces organites de remplir correctement leur rôle de régulateur du métabolisme intracellulaire. Cette situation pourrait contribuer à l’apparition de l’insulinorésistance. Notre unité de recherche de l’Inserm s’intéresse au rôle de la mitochondrie dans les diverses activités cellulaires au travers des processus de transformation ou de synthèse de molécules. Un des projets de l’unité est d’étudier la fonction métabolique mitochondriale chez le rat soumis à un régime riche en lipides induisant un SM et un diabète de type 2. Ces études, directement articulées avec le suivi médical des patients atteints du SM et du diabète de type 2, devraient apporter une meilleure compréhension des pathologies induites par une alimentation trop riche.

Obésité et cancer

Jean-Marie BARD, Professeur à Université de Nantes et responsable du département de biologie oncologique du Centre de lutte contre le cancer Nantes-Atlantique René-Gauducheau (site nord du CHU de Nantes)

Loin derrière les états-Unis, passés de 14 % à 30 % d’adultes obèses entre 1970 et 2000, la France n’est pourtant pas épargnée par l’obésité : l’étude épidémiologique nationale Obépi y recense 13,1 % d’adultes obèses en 2006.

Toutes les obésités ne sont pas équivalentes. On constate en effet que les risques de pathologies sont moins élevés lorsque les graisses sont plutôt distribuées vers le bas du corps (ce qui donne un peu une allure de poire), et non vers le haut (allure de pomme). L’évaluation de cette répartition est aisée : il suffit de prendre des mesures avec un mètre de couturière. L’étude Obépi indique que 46 % des hommes et 58 % des femmes présentent un tour de taille trop élevé. L’hypothèse majeure quant au risque d’un tel excès est que l’accumulation de graisse au niveau des viscères modifie le métabolisme des glucides et des lipides, prédisposant ainsi au diabète. Le lien entre l’obésité et les maladies cardiovasculaires est aujourd’hui établi ; celui entre l’obésité et les cancers commence à être admis, et l’on considère globalement qu’un obèse a entre 1,5 et 2 fois plus de risques qu’un sujet de poids normal de développer un cancer.

Nous nous intéressons à cette problématique du lien entre alimentation et cancer sous deux angles complémentaires : la recherche d’indicateurs du risque de cancers liés à l’obésité et celle des mécanismes d’action des principaux nutriments sur le développement des cancers, en particulier celui du sein. En ce qui concerne les indicateurs ou « marqueurs » permettant d’établir le risque d’apparition de cancers, des molécules telles que certaines lipoprotéines ont retenu notre attention. Nous essayons actuellement d’établir un lien entre leur présence dans le sang et le risque de récidive des cancers du sein. Parallèlement, à partir d’études menées sur des cellules en culture, nous tentons d’évaluer l’influence de lipides particuliers (acides gras et stérols) sur la synthèse de ces lipoprotéines.

À terme, ces travaux devraient permettre d’améliorer la prévention de certains cancers et de leurs récidives par une alimentation adaptée.

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