Les acides gras saturés, fréquents dans les graisses animales, possèdent des atomes de carbone tous liés à autant d’atomes d’hydrogène qu’il est possible. Leur consommation excessive augmente le taux de mauvais cholestérol.
Les acides gras insaturés, fréquents dans les huiles végétales, comportent une ou plusieurs doubles liaisons carbone-carbone. Ceux qui en comportent plusieurs sont dits poly-insaturés. Leurs effets sur la santé dépendent du nombre et de la configuration cis (plutôt bénéfique) ou trans (plutôt néfaste) des doubles liaisons.
acide gras : molécule de la famille des lipides et de celle des acides organiques (ou carboxyliques) qui contient – quant aux lipides naturels – de 4 à 28 atomes de carbone liés en chaîne(s). Il est dit « à longue chaîne » si ce nombre dépasse 13.

Micro-algue Odontella aurita © MMS / Freddy GuihéneufDepuis de nombreuses années, les
oméga-3 font l’objet d’une
publicité qui, après s’être installée dans les
rayons des pharmacies, a envahi ceux des
supermarchés.
En réponse à une demande croissante des
enseignes commerciales, de plus en plus
de produits industriels sont enrichis en
ces molécules connues pour leurs effets
bénéfiques dans la prévention des maladies
cardiovasculaires, des inflammations, de
l’obésité, des cancers ou de troubles cérébraux,
et qui s’avèrent également déterminantes
dans le bon développement des structures
nerveuses lors de la période périnatale.
Une alternative au poisson
Les oméga-3 sont des acides gras poly-insaturés à
longue chaîne (voir ci-contre), dont les
plus fréquents sont les acides oméga-linolénique
(ALA), eicosapentaénoïque (EPA) et
docosahexaénoïque (DHA). Actuellement,
dans le domaine de l’agroalimentaire, les
huiles de poisson en constituent la principale
source commerciale, mais la diminution
des ressources halieutiques (de la pêche)
conduisent les chercheurs à explorer des
sources de production alternatives.
Les micro-algues, végétaux marins
unicellulaires, constituent des candidats
particulièrement intéressants. Très diverses
et très riches en oméga 3, elles sont déjà utilisées
en aquaculture, en cosmétique et comme
complément de l’alimentation humaine(1). De
plus, leurs teneurs en EPA et en DHA sont plus
élevées que dans les poissons et beaucoup
plus que dans les végétaux terrestres, comme
le colza ou le lin qui sont exploités notamment
pour leurs oméga-3. Il a été établi que l’EPA, d’une
part, est incorporé dans les tissus davantage
avec un apport alimentaire en oméga-3 d’origine
microalgale qu’avec un régime à base
d’huile de poisson ; d’autre part, il favorise
la synthèse, dans l’organisme, de substances
nommées eicosanoïdes et qui ont une action
dite anti-athérogène : elles s’opposent à
la formation, dans les vaisseaux sanguins,
de dépôt de lipides comme le cholestérol.
Vers une production de masse
Les mécanismes de synthèse des oméga-3 par les micro-algues étaient mal connus jusqu’à récemment ; nous sommes parvenus à en expliquer une part importante, en démontrant le rôle clé de certaines enzymes. De nombreux travaux ont montré que la composition en oméga-3 (et, plus généralement, en lipides) des micro-algues est sensible aux variations des facteurs environnementaux (lumière, température, nutriments disponibles). Nous nous attachons désormais à préciser l’influence de ces facteurs en vue d’améliorer les techniques de culture des micro-algues. Il s’agit en effet, à terme, d’en produire en masse avec des rendements satisfaisants, notamment quant aux teneurs en EPA et en DHA. Il reste également à mieux connaître la transformation des oméga-3 au sein de l’organisme. Des études récentes tendent à montrer qu’ils puissent, à doses importantes, avoir des effets nocifs, notamment en favorisant une production excessive de molécules oxydantes cancérigènes. Il est aujourd’hui largement admis qu’une alimentation idéale devrait apporter cinq oméga-6 (d’autres acides gras dont l’excès est néfaste) pour un oméga-3. Si ce rapport est supérieur à 10 aujourd’hui, en moyenne, il ne faudrait pas non plus que l’engouement pour les oméga-3 conduise à augmenter la consommation globale d’acides gras qui est déjà trop importante.
• (1) Les petites ouvrières de la mer et Mer et littoral en pôle, Têtes chercheuses n° 6 et 1, respectivement, dans les archives du site.
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