PIB : produit intérieur brut = valeur de la production annuelle des biens et services d’un pays. En 2005, en France, il dépassait légèrement 30 000 dollars par habitant, soit 3 fois la moyenne mondiale.
IDH : indice de développement humain = (IEV + INE + IRA) / 3, où • IEV : indice d’espérance de vie à la naissance • INE : indice de niveau d’éducation, calculé à partir du taux d’alphabétisation des adultes (comptant pour deux tiers de l’INE) et du taux de scolarisation (comptant pour un tiers) qui est lié au nombre moyen d’années d’études • IRA : indice de revenu ajusté, fonction du PIB par habitant corrigé relativement au pouvoir d’achat. Comme l’IEV, l’INE et l’IRA, l’IDH est compris entre 0 et 1. En 2005, les IDH de la France et du monde ont été évalués à 0,952 (10e position) et 0,722, respectivement.
EE : empreinte écologique = consommation annuelle (rapportée en hectares de sol cultivable) / production annuelle (idem). La consommation annuelle inclut la production de déchets, évaluée elle aussi en hectares. Un développement durable requiert EE inférieure ou égale à 1. En 2003, l’EE des Français a été estimée à 3,11, contre 1,24 pour celle de tous les humains. La consommation moyenne des ressources dépasse donc le niveau auquel leur renouvellement semble possible. Cf. le site du World wildlife found
Plus on réduit l’émission de polluants, plus le coût par unité de polluant de cette réduction augmente fortement (ce qu’exprime la courbe rouge). Par ailleurs, diverses études tendent à montrer que le coût induit par les dommages d’une unité de polluant augmente fortement avec l’ampleur de la pollution (courbe bleue). Il apparaît alors que la somme de ces deux coûts (courbe verte) est minimale lorsqu’ils coïncident. C’est à proximité de ce niveau optimal (mal connu en pratique) qu’on cherche à fixer la taxe ou le permis de polluer.
Un indicateur de croissance économique tel que le PIB est inadapté à la mesure
du développement durable car il comptabilise de façon positive des richesses
pouvant découler d’actions négatives socialement (des licenciements pour réduire les
coûts de production) ou écologiquement (l’augmentation d’une production polluante).
L’IDH, utilisé par les Nations unies depuis les années 90, vise à réduire ce défaut et
à prendre en compte le bien-être de la population en combinant l’espérance de vie,
le niveau d’éducation, le PIB par habitant et le pouvoir d’achat. Or la sélection des
composantes de cet indicateur et leurs poids respectifs sont établis selon une vision
du monde et de la qualité de vie essentiellement occidentale.
D’autres indicateurs intègrent l’exploitation des ressources naturelles. L’empreinte
écologique (EE), aujourd’hui très médiatisée, est avant tout un outil de sensibilisation
au développement durable. Elle donne en réalité une idée très partielle des pressions
exercées par les humains sur l’environnement. En effet, elle est fondée sur l’évaluation
de surfaces équivalentes de production biologique (terrestres ou marines) nécessaires
à la consommation et à l’absorption des déchets d’une population donnée, selon les
technologies et les modes de gestion en vigueur, mais elle ignore des phénomènes
importants comme la perte de biodiversité ou l’épuisement des ressources non
renouvelables. De plus, elle ne prend en compte le bien-être qu’au travers du seul
niveau de consommation, un critère très réducteur !
évaluer des impacts sociaux et environnementaux est utile à toute politique de développement durable, mais espérer définir un indicateur à la fois efficace, universel et consensuel dans le temps comme dans l’espace semble illusoire.
© Fotolia.com / Eric GevaertEn 1972, le rapport Meadows présenté
au Club de Rome (une association
internationale de réflexion économique)
fait grand bruit. L’utilisation d’un modèle
mathématique reliant la population
mondiale, les productions agroalimentaires
et industrielles, les niveaux de pollution et
l’exploitation des ressources naturelles aboutit
à cette conclusion : seule une croissance
nulle est compatible avec la préservation de
l’environnement et ses ressources !
Le pessimisme qui en découle est pourtant
relayé, à la fin des années 80, par un
relatif optimisme : grâce à l’essor des
technologies « propres », une « croissance
verte », respectueuse de l’environnement,
semble possible. Le rapport Brundtland,
publié en 1987 par la Commission mondiale
sur l’environnement et le développement,
souligne néanmoins la nécessité de concilier
cette croissance avec les aspirations sociales et
culturelles des populations ; il formalise ainsi le
concept de développement durable.
Le coût social de la pollution
La croissance verte ne peut cependant
résulter d’une décision spontanée des acteurs
économiques de limiter leurs pressions sur
l’environnement : tant que le coût de la
pollution n’est pas supporté par les pollueurs,
les décisions individuelles de consommation
et de production tiennent peu compte des
problèmes écologiques. Or, la pollution induit
un coût social (pour l’ensemble de la société)
de santé, de dépollution, de substitution des
ressources dégradées ou taries, de sauvegarde
d’espèces menacées... L’État doit donc oeuvrer
pour limiter les dommages environnementaux
en imposant des coûts de réduction de la
pollution, mais sans que ces derniers détruisent
les activités polluantes par ailleurs bénéfiques à
la société. Cela suppose d’évaluer les dommages
en termes monétaires, une démarche difficile
qui s’appuie sur des méthodes d’évaluation de
l’environnement (lire Évaluer l’environnement).
Les politiques « pollueur-payeur »
Comment obtenir des pollueurs une baisse
adéquate de la pollution ? Les économistes de
l’environnement ont suggéré de transférer aux
pollueurs le coût social de la pollution (principe
du pollueur-payeur). Par exemple, l’État peut
fixer une taxe sur une pollution quelconque ou
sur l’émission d’un gaz à effet de serre comme
le CO2 ; il peut aussi délivrer un permis qui
donne le droit d’émettre une certaine quantité
de polluant et qui peut être échangé, tel un bien,
sur un marché spécifique. Le pollueur inclut la
taxe dans ses coûts ou réduit sa pollution de
telle sorte que les coûts engendrés par cette
réduction soient compensés par la dispense du
paiement de la taxe ou par la vente de son
permis de pollution (voir graphique).
Comme il est très difficile, en pratique, d’évaluer
précisément le coût social d’une pollution, les
objectifs de réduction des pollutions et les
montants des taxes ou des permis résultent
davantage de négociations et de compromis que
de calculs précis. Pour atteindre ces objectifs,
les Européens ont privilégié la taxation, tandis
que les Américains ont préféré les marchés de
permis. Les Européens sont néanmoins devenus
leaders dans l’organisation de tels marchés
après avoir ouvert, en 2005, une « bourse du
carbone » afin d’anticiper l’entrée en vigueur,
en 2008, du Protocole de Kyoto qui fixe des
limites aux émissions de CO2.
Des risques pour la compétitivité
En alourdissant les coûts à la charge des
producteurs, ces politiques de taxes ou de
permis font craindre pour la compétitivité
des industriels. Cependant, elles incitent les
producteurs à développer des produits et des
technologies propres en faisant de ces derniers
un créneau porteur.
Les économistes cherchent à estimer, dans chaque secteur, les impacts de diverses solutions portant aussi bien sur l’investissement technologique que sur des taxes ou des aides publiques. Ils développent à cette fin des modèles microéconomiques qui prennent en compte les dépenses correspondantes ainsi que les évolutions de la demande, notamment celles qui sont liées au nouvel intérêt des consommateurs pour les labels écologiques.
• Sylvie Faucheux et Isabelle Nicolaï, « Réchauffement climatique et croissance économique : coûts et opportunités », Cahiers Français n°337, mars-avril 2007
© www.ohazar.comLes ressources de l’environnement, comme l’eau d’une rivière,
peuvent être considérées comme des biens ou des services fournis
par la nature, mais elles ne sont pas toujours évaluées en termes
économiques. Tout projet de développement durable qui les utilise
doit pourtant en apprécier la rentabilité sociale.
Une analyse « coûts-avantages » systématique est déjà requise par
la Communauté européenne pour les ressources en eau. Or, si les
coûts de protection de l’environnement (réduction des pollutions
agricoles, entretien d’espaces verts, etc.) sont connus, ce n’est
généralement pas le cas des bénéfices que la société retire de
cette préservation.
Grâce à l’étude des préférences des consommateurs pour les
services offerts par l’environnement, les
économistes fournissent des indicateurs
de valeur pertinents pour l’aménagement
du territoire et le secteur de l’immobilier.
Les méthodes d’évaluation des préférences
peuvent être groupées en deux catégories.
La première catégorie est fondée sur
l’analyse des décisions des agents
économiques (ménages, entreprises,
administrations). Deux méthodes sont
couramment employées : celle « des prix
hédoniques », qui consiste à évaluer la
part du service fourni par l’environnement
dans le prix d’un bien immobilier, et celle
« des coûts de déplacement », qui dégage
le prix moyen payé par les visiteurs d’un site (un parc, par exemple)
pour s’y rendre. Dans les deux cas, c’est la valeur d’usage de
l’environnement qui est révélée.
La seconde catégorie regroupe des méthodes « d’évaluation
contingente » qui utilisent des questionnaires sur des situations
hypothétiques (lorsqu’il n’est pas aisé ou pas encore possible
d’observer les comportements). Elle vise à savoir combien les
clients potentiels d’un service sont prêts à payer pour que celui-ci
préserve l’environnement.
Une étude récente du Granem et du département Paysage d’Agrocampus Ouest a cherché à estimer la valeur des paysages d’Anjou par la méthode des prix hédoniques. Les données sur les prix et les caractéristiques des maisons ont été obtenues auprès de notaires ; les éléments d’occupation du sol ont été fournis par l’Agence d’urbanisme de la région angevine. Il a été possible de décomposer le prix P des maisons selon les caractéristiques I de chaque maison, la proximité V d’infrastructures ou d’Angers, et les caractéristiques Z du paysage. L’étude de la fonction P(I,V,Z) a révélé l’ampleur de l’influence du paysage sur ce prix, et notamment celle de la proximité des forêts ou des cours d’eau.
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