Ce magazine trimestriel lancé par l'Université de Nantes en 2006, financé par celle-ci, par la Région Pays de la Loire et par Nantes Métropole, a proposé de rendre accessible à un large public, et notamment aux lycéens, les travaux de la recherche menés en région, de sensibiliser à la science en train de se faire, de provoquer autour de grands dossiers thématiques la réflexion de tous sur les enjeux de demain.
En partenariat avec les universités des Pays de la Loire, le Rectorat de l'académie de Nantes et d'autres organismes à vocation scientifique ou pédagogique, ces 21 numéros ont livré jusqu’en 2012 des articles de fond avec des témoignages de chercheurs ainsi que des actualités et des annonces de portée régionale.
Un nouveau siècle des Lumières ?
En ces années 2000, notre pays voit s’implanter plusieurs grands instruments qui ont en commun de produire des faisceaux de particules (électrons, protons, neutrons, photons...) et de permettre ainsi d’illuminer la matière et de produire de l’énergie d’origine nucléaire. Au sud de Paris, le synchrotron Soleil est destiné à l'analyse fine de la matière; sur la frontière franco- suisse, le Large Hadron Collider (LHC) va permettre de progresser en physique subatomique fondamentale; à Bordeaux, le laser Mégajoule est dédié à la mise au point d’armes nucléaires ; à Cadarache, le International Thermonuclear experimental Reactor(Iter) veut mimer le fonctionnement du soleil en vue de produire une énergie durable et peu polluante; à Nantes, le cyclotron Arronax qui va naître en 2008 vise principalement à améliorer le diagnostic médical et, à terme, la radiothérapie des cancers. Nous avons aujourd’hui la chance d’avoir, en Pays de la Loire, des chercheurs qui contribuent au développement de ces instruments ou qui vont les utiliser: ils sont ainsi à même de vous les présenter. En réponse à une question fréquente, les coûts d’investissement et les dimensions de ces machines sont en fait bien différents : quand Arronax coûte 1 (en réalité 37 millions d’euros), Soleil vaut 10, le LHC et Mégajoule 100, tandis qu’Iter est annoncé à 1000 ; Arronax occupe un bunker de 900 m2 alors que l’anneau du LHC tiendrait de justesse à l’intérieur du périphérique parisien. Une autre question concerne la préexistence d’une vingtaine de cyclotrons disséminés en France, chacun d’eux coûtant 10 fois moins qu’Arronax : ils ne produisent que du fluor18 utilisé en imagerie médicale et n’ont pas assez d’énergie pour fabriquer les isotopes radioactifs qui intéressent les progrès de la médecine nucléaire du monde entier. Arronax pourra le faire.
Yves Thomas, directeur de la publication, Professeur chargé de la culture scientifique à l’Université de Nantes et Olivier Néron de Surgy, rédacteur en chef
La radioactivité et l’énergie nucléaire font peur et sont controversées. Quelle place faut-il leur donner dans les sciences et dans les technologies ?
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