Ce magazine trimestriel lancé par l'Université de Nantes en 2006, financé par celle-ci, par la Région Pays de la Loire et par Nantes Métropole, a proposé de rendre accessible à un large public, et notamment aux lycéens, les travaux de la recherche menés en région, de sensibiliser à la science en train de se faire, de provoquer autour de grands dossiers thématiques la réflexion de tous sur les enjeux de demain.
En partenariat avec les universités des Pays de la Loire, le Rectorat de l'académie de Nantes et d'autres organismes à vocation scientifique ou pédagogique, ces 21 numéros ont livré jusqu’en 2012 des articles de fond avec des témoignages de chercheurs ainsi que des actualités et des annonces de portée régionale.
«Ne travaillez jamais», inscrivait Guy Debord sur un
mur de la rue de la Seine, à Paris, en 1953 ; «Travailler plus pour gagner plus», déclarait le candidat
Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007...
Entre le travail-labeur, synonyme de souffrance, et
le travail-oeuvre, source de plaisir, d’affirmation de
soi et de reconnaissance, la tension est permanente.
Depuis quelques décennies, les sciences sociales
ont largement investi cette problématique. L’intérêt
qu’elle suscite chez les chercheurs des laboratoires
des Pays de la Loire s’est d’abord manifesté dans
la création d’équipes associées au CNRS, comme le
Lersco (Laboratoire d’études et de recherches sur
la classe ouvrière) par les sociologues nantais, en
1972, et l’unité « Droit et changement social » par les
juristes. Il a pris corps également dans le Centre de
documentation du mouvement ouvrier et du travail,
créé en 1980 et devenu depuis lors Centre d’histoire
du travail, une association d’universitaires, de
syndicalistes et de municipalités partageant la
volonté de mettre en valeur l’histoire industrielle et
sociale.
Aujourd’hui, des psychologues, des médecins, des
économistes et des gestionnaires mènent aussi des
études sur le travail dans notre région. La plupart
d’entre eux ne cherchent pas explicitement à savoir
comment « travailler pour être heureux », comme
Christian Baudelot (Travailler pour être heureux ? Le bonheur et le travail en France, Ch. Baudelot et M. Gollac (Fayard, 2003)), ex-Professeur à l’Université
de Nantes, mais à cerner les moyens de réduire les
manques et les aspects les plus pesants du travail ;
c’est pourquoi ce dossier a des accents plutôt
sombres. Comprendre ce qui va bien et ce qui va mal
sont sans doute comme les deux facettes d’une même
clé scientifique, celle de futures mesures propices au
rapprochement du travail et du bonheur.
Jean-Pierre Le Crom, directeur de recherche CNRS à l’UMR « Droit et changement social » (Maison des sciences de l’Homme Ange-Guépin, Université de Nantes/CNRS),
et Olivier Néron de Surgy, rédacteur en chef
Emploi, statut, organisation, conditions de travail… Les sciences de l’Homme et de la société éclairent les voies d’un travail mieux vécu et mieux partagé.
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