Des doctorants sur les planches

J.D.

«La science souffre d’un manque de reconnaissance de sa valeur par la société à cause d’une méconnaissance des activités de recherche et de leurs enjeux. C’est pourquoi une information et une culture scientifiques de qualité doivent être renforcées », déclare Jean-Yves Buzaré, Vice-Président du Conseil scientifique de l’Université du Maine et Président de la Commission régionale de culture scientifique, technique et industrielle (CSTI).

Née en novembre 2009 dans le cadre du CCRRDT1, « cette commission entend développer un réseau fédérant tous les acteurs régionaux de la CSTI : associations d’éducation populaire, établissements de recherche et d’enseignement supérieur, CCSTI 2.. explique Patricia Carré, chargée de programme au service Recherche du Conseil régional. Pour ce faire, nous procédons d’abord à l’état des lieux des actions existantes. Nous chercherons ensuite à stimuler la collaboration de ces organismes appuyée sur une mise en commun de moyens et d’expériences. Il ne s’agit pas de réduire la diversité de leurs actions respectives mais d’en augmenter la portée ou la visibilité. »

L’objectif est aussi d’encourager les doctorants à s’impliquer davantage dans les actions de CSTI sans réduire leur activité de recherche. Pourquoi les doctorants ? « Parce qu’ils sont les nouveaux acteurs de la science en train de se faire et que les amener à réfléchir au rôle de la recherche dans la société paraît très important, répond Jean-Yves Buzaré. Et quoi de plus efficace en la matière que de se confronter aux questions du public ? »

Pour certains des doctorants qui souhaitent contribuer au développement de la CSTI, il est aujourd’hui possible de décompter le temps passé à préparer une animation, par exemple pour la Fête de la science, des 100 heures de formation que leur impose leur école doctorale, ou de poser une candidature à une mission rémunérée. Florian Rapin, doctorant à l’ESO-Angers, laboratoire de géographie de l’Université d’Angers et du CNRS, a ainsi consacré 32 jours, encadré par Terre des sciences, à l’organisation de la Nuit des chercheurs qui s’est tenue le 24 septembre dernier. « J’ai assisté plusieurs chercheurs dans l’élaboration de leurs projets d’animation et rédigé un dossier de presse. J’ai aussi introduit des conférences et apporté une aide logistique le jour J. Cette expérience m’a donné envie de présenter mes propres travaux de recherche lors de la prochaine édition. »

1. Comité consultatif régional de la recherche et du développement technologique

2. centre de culture scientifique, technique et industrielle

ça se passe maintenant

Biodiversité made in Vendée

Julie Danet
© www.ohazar.com

La Vendée devrait bientôt disposer de moyens accrus pour partager la culture scientifique. Le Conseil régional des Pays de la Loire a récemment initié ou soutenu en ce sens différents projets axés sur le thème de la biodiversité. Tandis que cette dernière est devenue l’objet d’intérêts majeurs, la richesse du patrimoine naturel et l’urbanisation relativement faible de la Vendée constituent des atouts pour sensibiliser le public aux enjeux des études scientifiques liées à ce thème.

Néanmoins, comment communiquer efficacement à propos de la biodiversité ? Le 13 octobre dernier, cette question a rassemblé plus de 280 personnes au lycée Nature de La Roche-sur-Yon, à l’occasion d’un colloque organisé par la Région, l’association Terre des sciences et ses partenaires vendéens, dans le cadre de l’Année mondiale de la biodiversité. Enseignants et animateurs ont ainsi pu découvrir, grâce aux interventions de chercheurs et de représentants d’associations ou d’institutions situées en Pays de la Loire, des exemples de travaux scientifiques ou de vulgarisation ancrés sur le territoire régional. « Étudier, par exemple, la dynamique d’une population d’amphibiens, comme l’ont fait des élèves du lycée Nature, exige d’observer son milieu, donc plusieurs espèces végétales et animales, en effectuant notamment des comptages d’individus, illustre Jean-Luc Gaignard, directeur de Terre des sciences. Les études liées à la biodiversité ont une particularité très intéressante sur les plans scientifique et pédagogique : elles sont très souvent transdisciplinaires, en convoquant aussi bien les sciences naturelles et expérimentales que les mathématiques ou la géographie. »

Ce colloque a aussi été l’occasion de confirmer le projet de création, près du lycée Nature, du centre Beautour dédié à l’environnement et à la biodiversité. D’ores et déjà, en réponse aux demandes d’enseignants, Terre des sciences a dépêché en Vendée un « colporteur des sciences », ou plutôt une colporteuse : depuis mars 2009, Valérie Cottereau accompagne des projets pédagogiques et culturels dans les écoles, les collèges et les lycées du département en proposant notamment du matériel, des outils multimédia et des contacts avec des experts.

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