La recherche en mode ingénieur

Stéphane Le Mouélic © J. Danet
Julie Danet

De nombreux projets de recherche en planétologie requièrent des compétences pointues en imagerie, que ce soit pour piloter les caméras des nouvelles sondes spatiales ou pour traiter les images acquises par ces sondes. Aussi les chercheurs du LPGNantes font-ils appel à l’expertise de Stéphane Le Mouélic, ingénieur de recherche CNRS spécialiste du traitement des images, de la télédétection et de l’imagerie hyperspectrale (dans les domaines UV, visible et infrarouge). « Les caméras embarquées à bord des sondes nous livrent des images des astres auxquelles j’applique les algorithmes que je développe, explique Stéphane. Ces images comportent en effet des informations que l’oeil humain n’est pas capable de discriminer ; certains algorithmes peuvent, par exemple, soustraire de l’image d’un astre le signal physique qui provient de l’atmosphère dense et ainsi révéler des informations liées au relief ou à la composition minéralogique de la surface. »

Investi dans de nombreux projets dont ses collègues chercheurs ont l’initiative et la responsabilité, Stéphane doit comprendre une large partie de leurs travaux de recherche afin de mettre en oeuvre les meilleures solutions techniques possibles ; c’est là une exigence parfois forte du métier d’ingénieur de recherche. « En ce sens, mes années de thèse en astrophysique spatiale, effectuées après mon cursus à l’école d’ingénieurs SupOptique, constituent un atout. » Cependant, un doctorat n’est pas indispensable pour prétendre au concours d’accès à un poste d’ingénieur de recherche : un diplôme d’ingénieur peut suffire.

Le statut de chercheur, source potentielle d’autonomie plus large, ne lui manque-t-il pas ? « Non. Il est vrai que je l’ai envisagé à la fin de mes études, mais j’aime l’exigence méthodologique et les défis techniques de mon métier, ainsi que la possibilité de m’investir dans des projets divers. J’ai une obligation de résultats au moins aussi pressante que celle des chercheurs mais je ne suis pas contraint de publier chaque année ni de chercher des financements pour mes travaux. » Transmettre ses savoirs est une autre activité importante pour Stéphane : il forme à des techniques d’imagerie les membres du laboratoire qui souhaitent gagner en autonomie ; il encadre des étudiants et anime des cours à l’Université de Nantes et à l’École nationale supérieure de géologie à Nancy. « Je participe aussi à des colloques portant sur le traitement des images, toutes disciplines confondues. Les secteurs médical et agroalimentaire utilisent de plus en plus des caméras hyperspectrales afin, par exemple, de diagnostiquer un mélanome ou de détecter dans les aliments des contaminants invisibles à l’oeil nu. ».

ça se passe maintenant

L'espace envahit Nantes !

Julie DANET

Du 3 au 9 octobre 2011, Nantes prendra des airs de capitale mondiale de l’exploration spatiale. Pour la première fois, les congrès européen (EPSC) et américain (DPS) de planétologie fusionneront, rassemblant ainsi plus de 800 spécialistes, dont 600 viennent de l’étranger, à la Cité - Nantes Events Center (Cité des congrès de Nantes). « C’est notamment grâce aux compétences du LPGNantes1, largement reconnues dans le milieu scientifique international, que la candidature nantaise à l’organisation de cet événement a été retenue, remarque Jacques Girardeau, Vice-Président de l’Université de Nantes en charge de la recherche. Ce colloque 2 est un temps fort pour les chercheurs. Leurs échanges directs autour de récentes avancées scientifiques et des missions spatiales à venir sont propices à de nouvelles idées ou collaborations. » Et tandis que le congrès scientifique sera plutôt l’affaire des spécialistes, « nous avons décidé d’inviter le public à découvrir plus avant les enjeux de l’exploration spatiale grâce à une grande exposition conçue par le LPGNantes et l’université », ajoute Sabine Constant, Maître de conférences chargée de la diffusion de la culture scientifique et technologique à l’Université de Nantes.

Intitulée « Voyages planétaires », cette exposition embarquera les visiteurs dans une « traversée vernienne » du Système solaire et au-delà. « Nous avons choisi d’utiliser comme fil d’Ariane des écrits et des gravures tirés des romans parfois visionnaires de Jules Verne, pour à la fois guider le visiteur parmi les différents modules pédagogiques et présenter des éléments phares de la conquête de l’espace », précise Stéphane Le Mouélic, coresponsable de l’organisation de l’événement avec Olivier Grasset, directeur adjoint du LPGNantes. Grâce aux différents partenaires de l’exposition3, ces modules comporteront des maquettes de sondes spatiales, de rovers (robots roulants) ou de planètes, des panneaux explicatifs, des photographies, un planétarium... Des conférences et des temps de rencontre avec des chercheurs seront également organisés. C’est un plateau exceptionnel qui se prépare !

1. Laboratoire de planétologie et géodynamique de Nantes (Université de Nantes)

2. soutenu par la Région Pays de la Loire, l’Université de Nantes et Nantes Métropole

3. le Cnes (Centre national d’études spatiales), le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergie alternatives), l’Esa (Agence spatiale européenne), l’institut Max-Planck en Allemagne, l’association Méridienne, le musée Jules-Verne, le Muséum, le Planétarium et la Société d’astronomie de Nantes

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