Web (World Wide Web : toile mondiale) : système de publication de documents qui permet à un logiciel d’accéder à un fichier situé sur un autre ordinateur connecté à Internet (avec lequel le Web est largement confondu). Un navigateur web (browser, en anglais) est un logiciel qui réalise cet accès et qui affiche les contenus du fichier distant. Le fichier et le résultat de l’affichage sont tous les deux nommés « page web ».
Internet : système mondial d’interconnexion entre des ordinateurs et nom donné au réseau formé par ces ordinateurs. Il recourt à un protocole de communication (TCP/IP) et à des protocoles de transfert de données, le plus usité étant HTTP (Hypertext Transfert Protocol).
réalité virtuelle : simulation informatisée et interactive qui recourt à la perception (très fréquemment visuelle, souvent haptique – tactile ou relative à un effort mécanique – et parfois auditive) pour donner l’impression à l’utilisateur d’être confronté à une situation réelle.
algorithme : séquence finie d’opérations pouvant être appliquées à un nombre fini de données et qui permet de résoudre une infinité de problèmes semblables
heuristique : du grec ancien heuriskein (trouver, découvrir), se dit d’une méthode qui aide à progresser dans la résolution d’un problème grâce à une ou plusieurs hypothèses provisoires, dites également heuristiques
intelligence artificielle : développement d’algorithmes visant, à l’origine, à reproduire des fonctions intellectuelles humaines. Une partie des systèmes fondés sur de tels algorithmes sont capables de se compléter ou de se modifier eux-mêmes en fonction des résultats des opérations effectuées sur les données qui leur sont fournies. Aujourd’hui, quant à cette capacité, on parle plutôt d’apprentissage automatique.
Extraire des informations pertinentes de myriades de données est
une problématique récurrente et souvent cruciale, en particulier
pour nombre d’entreprises qui ont besoin de connaître les préférences
d’achat des consommateurs ou de déceler des facteurs de bénéfices
afin de prendre des décisions opportunes1. Or il est difficile d’adapter les
logiciels existant dans ce domaine à l’explosion des volumes d’informations
disponibles et surtout aux besoins variables des utilisateurs. C’est pourquoi
l’on recherche de nouveaux moyens d’exploration visuelle de données qui
soient faciles d’emploi et propices à des analyses dont les aboutissants
ne sont pas nécessairement tous connus au préalable.
Les applications de ce champ de recherche permettent d’explorer
notamment des structures sociales actuelles, tels les réseaux « d’amis »
sur Internet, ou celles du passé. Des historiens médiévistes ont ainsi
découvert, en collaboration avec notre équipe et des mathématiciens
toulousains, des réseaux de relations dans la paysannerie du Moyen Âge.2
Cette dernière représentait plus de 90 % de la population de l’époque
mais reste encore mal connue car la documentation disponible concerne
en majorité le clergé et la noblesse. Les chercheurs ont toutefois tiré parti
d’un ensemble exceptionnel de 3 000 archives d’actes notariés relatifs à
des transactions agraires dans une petite zone du sud-ouest de la France,
chacun de ces documents comportant des détails sur les personnes et
les lieux concernés3. Après un long travail de numérisation des archives,
il a été possible de construire des réseaux dans lesquels deux nœuds
(individus) sont reliés si leurs noms apparaissent dans un même acte.
Il restait à découvrir l’organisation de ces ensembles complexes de liens
inscrits dans le temps.
Popularités et centralités en réseau
L’analyse a combiné des outils mathématiques et des techniques de
visualisation de graphes4. Les outils mathématiques permettent de
quantifier des propriétés de réseau : on calcule notamment la « popularité »
d’un nœud en dénombrant ses voisins et sa « centralité » en comptant le
nombre de fois où il se trouve sur des plus courts chemins entre paires de
nœuds non voisins. Les techniques de visualisation que nous développons
complètent la quantification : un algorithme de disposition spatiale des
nœuds, qui tient compte de leurs popularités et de leurs centralités, et un
système d’affichage sur un dôme sont ajustés pour faciliter la navigation
à la fois dans l’arborescence des nœuds et dans le temps et favoriser la
mise en évidence de « communautés », ensembles de nœuds comportant
de nombreux liens.
L’organisation sociale hiérarchisée qui a été ainsi dévoilée traverse le temps
malgré les bouleversements dus à la guerre de Cent Ans. Elle consiste
en de nombreuses communautés de tailles modestes, apparemment très
dépendantes de la proximité géographique, et reliées à des membres d’un
« club huppé », communauté correspondant à une élite sociale rurale.
Ce projet constitue un test positif de l’apport, dans l’analyse des réseaux
complexes, de supports novateurs, tridimensionnels et immersifs, de
restitution visuelle. Des expérimentations menées avec des utilisateurs
volontaires sont en cours pour évaluer plus précisément son intérêt par
rapport à des supports plans.
1. d’où le terme informatique décisionnelle
2. Cf. Une interaction Histoire/Informatique/Mathématiques
3. Par exemple, on y apprend que « Noble Tristan de Manas fils de Sans Gaissias, bailla à nouveau fief à Pierre Aude fils de Pierre et de Jeanne de Merle, la moitié d’une métairie appelée de la Vaissière dans la paroisse de Saint-Paul ».
4. Dans le cas présent, un graphe est constitué d’un ensemble de nœuds (des noms
d’individus) et d’un ensemble d’arêtes qui modélisent une relation binaire entre les
nœuds (la désignation commune dans un acte notarié). Les nœuds sont représentés
par des points dans un espace géométrique et les arêtes par des segments, et l’on peut
projeter la représentation sur un plan ou une surface courbe (cf. la photo ci-dessous).
En offrant un large champ de visualisation, proche de 120°, la projection d’un graphe sur un dôme rend « immersive » sa restitution et semble permettre d’explorer sa structure plus efficacement qu’avec un écran plat. © Lina-CodLes technologies de « vision par ordinateur »
sont de plus en plus utilisées, notamment
dans le domaine biomédical (IRM, scanner,
tomographie par émission de positons...)
pour observer et quantifier des propriétés
anatomiques et physiologiques. Leur emploi
récent dans l’étude de la santé des plantes
est motivé par des enjeux différents de ceux
de la santé humaine ou animale : tandis que
l’imagerie biomédicale vise essentiellement à
produire un diagnostic relatif à un individu,
connaître l’état de santé d’une plante revêt
une importance moindre ; en revanche,
pouvoir diagnostiquer périodiquement celui
d’une population de végétaux présente des
intérêts en horticulture comme en biologie
végétale.
L’automatisation d’un tel suivi est au cœur du
projet Phenotic1. Cette plateforme technologique
regroupe des moyens d’acquisition, de
traitement et de référencement d’images de
phénotypes (apparences) de végétaux sains
ou porteurs d’une pathologie. Dans ce cadre, le
travail que nous menons actuellement2 consiste
à développer une application originale de la
Kinect.
La Kinect est une interface homme-machine
conçue pour des jeux vidéo et par laquelle la
position et les mouvements du joueur sont
détectés optiquement. L’intérêt qu’elle présente
pour Phenotic est de permettre une production
aisée et à bas coût d’une cartographie 3D d’une
plante, en repérant automatiquement chacune
de ses feuilles, tandis qu’une imagerie classique,
en 2D, ne permet pas de distinguer les unes
des autres certaines feuilles qui ont la même
couleur (cf. la figure A).
Un algorithme et des couleurs
Il s’agissait de mettre au point un algorithme
de cartographie utilisant les données acquises
par la Kinect. Ces données sont des distances
entre la caméra et de nombreux points de la
plante, mais pour que l’algorithme puisse faire
correspondre des feuilles à ces points (comme
le montre la figure B, on peut alors visualiser
chaque feuille via différentes couleurs), il faut
lui fournir au préalable quelques informations
sur la structure spatiale typique d’un feuillage
(quant à la distinction entre une branche et une
feuille et quant à l’espacement relativement
régulier des branches). On peut ensuite mettre
en correspondance (opération nommée
recalage) cette cartographie avec des images
acquises par d’autres caméras et qui donnent
des informations sur l’état de santé du feuillage :
l’imagerie thermographique, par exemple,
permet de détecter la présence de la tavelure
du pommier, un champignon qui se développe
à la surface des feuilles, les feuilles malades
étant les plus froides (en bleu dans la figure C) ;
à chaque feuille sont ainsi associées des
données thermographiques (figures D et E) et
il est alors possible de connaître la distribution
spatiale et la sévérité de l’infection.
Cette application devrait rendre possible
la production de diagnostics automatisés,
nombreux, peu coûteux, non destructifs,
impossibles à réaliser à l’œil nu et reproductibles
à loisir. Il est notamment envisagé d’y recourir
en plaçant des caméras dans des serres ou
au-dessus de tapis roulants, par exemple
pour détecter précocement des pathologies
dans des productions maraîchères. Cette
application devrait aussi offrir des moyens
inédits aux études et recherches portant sur la
croissance des végétaux ou sur les processus de
développement de pathologies végétales.
1. contraction de phénotype et de TIC (technologies
de l’information et de la communication), un projet porté par l’Institut de formation et de recherche Quasav (Université d’Angers/Inra/Agrocampus Ouest/ Université de Nantes).
2. doctorat co-encadré par François Chapeau-Blondeau et mené en collaboration avec l’IRHS d’Angers, Institut de recherche en horticulture et semences
• On the use of depth camera for 3D phenotyping of entire plants, Y. Chéné, D. Rousseau, P. Lucidarme, J. Bertheloot, P. Morel, E. Belin, F. Chapeau-Blondeau (Computers and Electronics in Agriculture 82, pp122-127, 2012)
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